Après plusieurs jours de violences intenses entre milices pro-gouvernementales et combattants druzes, la banlieue de Jaramana, au sud-est de Damas, amorce un retour fragile à l’ordre. Les combats, d’une rare intensité, ont causé des dizaines de morts et de blessés, creusant un peu plus le fossé entre les composantes locales et le pouvoir central.
Face à cette escalade, les autorités syriennes ont annoncé un accord sécuritaire avec les notables et représentants de la zone. L’annonce, faite le 2 mai par Mohammed Halawa, responsable de la sécurité dans la région de Damas, marque un tournant : les habitants sont appelés à remettre leurs armes, tandis que les forces de sécurité syriennes prennent position dans la zone. Des points de contrôle ont été installés aux abords de Jaramana pour limiter l’infiltration de groupes armés extérieurs.
“Nous avons conclu un accord avec les habitants pour qu’ils remettent leurs armes au gouvernement. Les forces de sécurité entreront dans la zone pour assurer la sécurité et mettre en place des points de contrôle autour de Jaramana”, a déclaré Halawa.
Cet accord, qui vise à restaurer l’autorité de l’État, a permis une baisse immédiate des tensions. Mais la stabilité reste incertaine. Dans cette banlieue stratégique aux équilibres confessionnels délicats, le spectre de nouveaux affrontements plane toujours.
Depuis le début du conflit syrien, Jaramana a souvent été épargnée par les grandes batailles, mais elle n’a jamais échappé à la pression des groupes armés et aux règlements de comptes. Ce nouvel accord est une tentative du régime d’Asad de resserrer son emprise sur une zone sensible, sans toutefois s’attaquer aux causes profondes de la défiance locale.
La situation reste sous haute surveillance, et l’État affirme vouloir renforcer son rôle tout en évitant toute nouvelle flambée. Mais dans cette Syrie fragmentée, chaque accalmie reste une suspension, jamais une paix durable.
La Rédaction

