À mesure que le Port autonome de Lomé gagne en importance dans les échanges régionaux, une autre exigence s’impose : garantir que les marchandises qui transitent par ses quais restent sécurisées. La fouille désormais systématique aux môles 1 et 2 montre que la compétitivité portuaire ne se joue plus uniquement sur les volumes, les équipements ou la rapidité des opérations. Elle se mesure aussi à la confiance accordée à la plateforme.
Toute personne, tout véhicule ou engin roulant entrant ou sortant des môles 1 et 2 doit désormais se soumettre à une fouille. Le dispositif complète les contrôles déjà en vigueur : badges magnétiques pour les personnes, vignettes pour les véhicules, vidéosurveillance et vérification des conteneurs.
Le Port autonome de Lomé (PAL) justifie ce renforcement par la lutte contre les vols de marchandises sur les quais. L’ampleur du phénomène n’est cependant pas documentée publiquement : aucun chiffre récent sur le nombre de vols ou la valeur des marchandises concernées n’accompagne l’annonce.
Cette absence de données empêche d’évaluer précisément le risque, mais la généralisation des fouilles montre que la sûreté des zones opérationnelles est devenue suffisamment sensible pour justifier un contrôle supplémentaire.
Plus de trafic, davantage d’exigences
La question prend une autre dimension au regard de la montée en puissance du port. Lomé s’est progressivement imposé comme l’une des principales plateformes de transbordement d’Afrique de l’Ouest, bénéficiant notamment de son port en eau profonde et de sa position sur les grandes routes maritimes.
Cette croissance augmente les mouvements de conteneurs, de véhicules, de manutentionnaires et d’autres intervenants dans l’enceinte portuaire. Or chaque étape supplémentaire dans la circulation d’une marchandise constitue aussi un point potentiel de vulnérabilité.
Pour les armateurs, importateurs et chargeurs, la performance ne se limite donc pas au temps passé à quai. La capacité à garantir l’intégrité d’une cargaison entre son déchargement et sa sortie participe directement à la qualité du service.
Une question qui dépasse le marché togolais
Cette exigence concerne également l’hinterland. Le Port de Lomé constitue un débouché maritime majeur pour plusieurs pays enclavés, notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Une partie des marchandises débarquées au Togo doit ensuite parcourir plusieurs centaines de kilomètres avant d’atteindre sa destination finale.
La sécurisation du passage portuaire devient ainsi le premier maillon d’une chaîne logistique régionale beaucoup plus longue.
Reste une équation opérationnelle : renforcer les contrôles sans transformer les accès en points de ralentissement. Une fouille systématique peut améliorer la sûreté, mais son efficacité dépendra aussi de sa capacité à préserver la fluidité indispensable aux opérations portuaires.
Le succès du Port de Lomé lui impose désormais cette double performance. Attirer toujours davantage de marchandises ne suffit plus : il faut également convaincre les opérateurs qu’elles peuvent y transiter rapidement et en sécurité.
La Rédaction
Sources : Port autonome de Lomé ; données publiques relatives au trafic portuaire.

