Face à l’intensification des combats dans le Kordofan du Nord, les Nations unies redoutent une offensive majeure contre El Obeid, ville stratégique devenue l’un des principaux centres humanitaires du pays.
L’inquiétude grandit au sein des Nations unies. Alors que la guerre continue de ravager le Soudan, l’organisation internationale alerte sur le risque d’une offensive imminente contre El Obeid, capitale de l’État du Kordofan du Nord. Selon l’ONU, une escalade militaire dans cette ville pourrait provoquer une nouvelle catastrophe humanitaire et exposer des milliers de civils à de graves violences.
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, suit avec préoccupation l’évolution de la situation. Les affrontements se sont intensifiés ces dernières semaines autour d’El Obeid, tandis que des frappes de drones et des bombardements ont déjà causé des pertes civiles et endommagé plusieurs infrastructures essentielles.
Selon les informations relayées par les Nations unies, les Forces de soutien rapide (FSR) auraient renforcé leur présence militaire aux abords de la ville. Ce mouvement de troupes alimente les craintes d’une offensive terrestre de grande ampleur contre ce centre urbain considéré comme stratégique pour le contrôle du centre du pays.
Pour l’ONU, le risque est de voir se reproduire à El Obeid les scènes de violence déjà observées dans d’autres régions du Soudan. Les responsables internationaux appellent ainsi les belligérants à éviter toute attaque susceptible d’aggraver davantage le sort des populations civiles.
Le spectre d’El Fasher
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a également exprimé ses inquiétudes. Il estime qu’une bataille pour le contrôle d’El Obeid pourrait entraîner de nouvelles violations du droit international humanitaire.
Les Nations unies rappellent que les événements survenus à El Fasher et dans plusieurs camps de déplacés du Darfour ont montré à quel point les populations civiles peuvent être exposées lors des offensives urbaines. Exécutions sommaires, enlèvements, détentions arbitraires et violences contre les habitants figurent parmi les scénarios redoutés par les observateurs internationaux.
Après plus de trois années de guerre, une grande partie de la population soudanaise vit déjà dans des conditions extrêmement précaires. Une aggravation des combats au Kordofan risquerait d’accentuer encore les déplacements forcés et les besoins humanitaires.
Les frappes de drones compliquent la situation
Ces dernières semaines, El Obeid a été visée par de multiples attaques de drones. Plusieurs installations civiles, notamment des stations-service et des convois d’approvisionnement, auraient été touchées, perturbant l’accès aux biens essentiels.
Les opérations humanitaires ont également été affectées. Un travailleur humanitaire a notamment perdu la vie lors d’une frappe ayant touché une zone résidentielle, illustrant les dangers auxquels sont confrontés les acteurs de l’aide sur le terrain.
El Obeid joue pourtant un rôle crucial dans l’acheminement de l’assistance vers une vaste partie du Kordofan. Toute détérioration supplémentaire de la situation sécuritaire pourrait compromettre l’approvisionnement de milliers de personnes déjà fragilisées par le conflit.
Face à cette menace, l’ONU insiste sur la nécessité de protéger les civils, de garantir la sécurité du personnel humanitaire et de permettre l’acheminement sans entrave de l’aide. António Guterres et Volker Türk exhortent également les puissances disposant d’une influence sur les protagonistes à intervenir diplomatiquement afin d’éviter une nouvelle tragédie et de favoriser une issue négociée à un conflit qui continue d’enfoncer le Soudan dans la crise.
La Rédaction
Source : ONU

