Le gouvernement soudanais accuse Addis-Abeba d’appuyer les paramilitaires dans le conflit interne
Les tensions montent entre Soudan et Éthiopie. Dans un communiqué officiel, le ministère soudanais des Affaires étrangères accuse Addis-Abeba de porter atteinte à sa souveraineté en permettant aux Forces de soutien rapide (FSR) d’utiliser le territoire éthiopien comme base arrière.
Selon Khartoum, les paramilitaires dirigés par Hamdan Daglo, également connu sous le nom de « Hemedti », auraient lancé à plusieurs reprises des drones depuis l’Éthiopie contre des positions de l’armée soudanaise dans l’État du Nil Bleu, à l’est du pays. Les autorités affirment avoir observé ces attaques tout au long du mois de février et au début de mars.
Le gouvernement soudanais soutient également que l’Éthiopie fournirait un soutien logistique aux FSR, notamment des armes qui auraient été acquises auprès des Émirats arabes unis. Abou Dhabi rejette fermement ces accusations, tout comme celles évoquant des livraisons d’armes transitant par la Libye, le Tchad ou le Kenya.
Il s’agit de la première accusation directe formulée publiquement par Khartoum contre Addis-Abeba depuis le déclenchement du conflit interne soudanais en 2023. Jusqu’ici, l’Éthiopie était soupçonnée de jouer un rôle ambigu, sans mise en cause officielle aussi explicite.
Le Soudan affirme désormais se réserver le droit de répondre à ce qu’il qualifie d’« actes hostiles », laissant planer la menace d’une escalade régionale dans une zone déjà fragilisée par les rivalités politiques et militaires.
La Rédaction

