Les dirigeants politiques et économiques du continent africain devraient réfléchir sur ce sondage, déclare François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique dans la semaine de Jeune Afrique sur RFI. Réalisé le mardi 03 septembre 2024 dans 16 pays africains par la fondation sud-africaine Ichikowitz en collaboration avec l’Institut américain PSB, le sondage a interrogé 5604 personnes dont l’âge était compris entre 18 et 24 ans. 83% de ces jeunes s’inquiètent de la corruption dans leur pays et 62 % estime que le gouvernement n’arrive pas à y remédier.
«Ils veulent des sanctions plus sévères contre les politiciens corrompus, y compris l’interdiction de se présenter aux élections », déclare le sondage.Le sujet de l’émigration a tranché en faveur des pro-émigration. En effet, 58% ont confirmé qu’il est très probable ou assez probable qu’ils envisagent émigrer vers un autre pays au cours des trois prochaines années, les destinations principales étant l’Amérique du Nord, l’Europe occidentale, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Espagne.
L’inquiétude est aussi présente sur la question de l’influence étrangère sur le continent. 72% l’estiment négative et s’en inquiètent. Ils craignent que leurs ressources naturelles soient exploitées et exportées sans aucun bénéfice supplémentaire pour la population.82% ont une opinion positive de l’influence de la Chine, 79% des Etats Unis d’Amérique, 70% de la Russie avec 30% d’opinion négative en raison des conflits dans lesquels elle est engagée, qui ont un impact négatif sur l’Afrique.
Selon 55% des interrogés, l’Afrique va dans la mauvaise direction.Contrairement au sondage de 2020 et de 2022 du Ichikowitz family, les réalités étaient différentes. Celui de l’année 2020 implante le terme «afro-optimisme» pour déroger à celui de «continent sans espoir», on y retrouve une jeunesse inquiète de la pénurie d’eau, les déchets plastiques et le braconnage des animaux sauvages, de l’unité de l’Afrique.En 2022, les jeunes interrogés étaient plus concernés par le réchauffement climatique disproportionné, plus précisément l’accès à l’eau, la théorie du complot et la propagation de la COVID-19, une diminution de l’optimisme quant à l’avenir.
Disposant de la population la plus jeune au monde, le continent africain doit défier ses démons avant de leur offrir un espace propice au développement du continent ainsi que le leur.Selon la Banque africaine de développement, l’Afrique abrite près de 420 millions de jeunes âgés de 15 à 35 ans, dont un tiers sont au chômage.
La Rédaction

