Le Sénégal franchit un cap décisif dans sa politique sociale en intégrant le handicap au cœur de la révision de sa Stratégie nationale de protection sociale (SNPS). Un atelier national organisé à Dakar a marqué cette nouvelle orientation, réunissant une diversité d’acteurs engagés en faveur des droits des enfants vivant avec un handicap.
Un atelier collaboratif et stratégique
Sous l’impulsion de la Cellule d’appui à la protection de l’enfance (CAPE) et de la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale (DGPSN), l’événement s’est tenu sous l’égide du ministère de la Famille et des Solidarités. Il a bénéficié du soutien du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) et de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS).
L’objectif affiché : intégrer les besoins spécifiques des enfants en situation de handicap dans la révision en cours de la SNPS, en conformité avec le référentiel « Sénégal 2050 » et les recommandations du Conseil des ministres du 9 octobre 2024.
Des constats partagés, des pistes d’action concrètes
Durant deux journées de travaux, plus de 40 participants – représentant ministères, ONG, centres spécialisés, organisations communautaires et bailleurs – ont dressé un diagnostic clair :
- Accessibilité limitée aux services sociaux de base
- Carence de données fiables sur les enfants handicapés
- Manque de reconnaissance et de soutien aux aidants familiaux
- Persistances d’obstacles sociaux et éducatifs à l’inclusion
En réponse, plusieurs recommandations structurantes ont été formulées :
- Élargissement de l’accès aux allocations familiales pour les familles concernées
- Renforcement de l’éducation inclusive avec des infrastructures et du personnel adaptés
- Création de services d’accompagnement psychologique pour les parents
- Meilleure prise en compte des besoins spécifiques dans les politiques publiques
Une dynamique participative et alignée sur les droits humains
La CAPE, déjà engagée dans le programme PAPEV (Projet d’appui à la protection des enfants victimes de violations de leurs droits), voit dans cet atelier une étape stratégique. « Il est temps que les enfants en situation de handicap soient reconnus comme des titulaires de droits à part entière, et non comme des bénéficiaires passifs d’assistance », a insisté un représentant de la société civile.
Ce processus participatif, ancré dans les standards internationaux de justice sociale et de droits humains, confirme une volonté politique claire : faire de la protection sociale un levier d’inclusion et d’équité, dans une vision durable portée par l’État sénégalais et ses partenaires.
La Rédaction

