Le parti au pouvoir, Pastef, a annoncé une large victoire lors des législatives sénégalaises, consolidant ainsi sa position dominante dans le paysage politique du pays. Selon les résultats provisoires diffusés par les médias, le parti a pris la tête dans la majorité des bureaux de vote.
Dimanche, le porte-parole du gouvernement, Amadou Moustapha Ndieck Sarré, a salué ce triomphe, affirmant que Pastef disposait de “90 à 95 % des résultats”. Selon lui, ces tendances indiquent que le parti obtiendra une majorité qualifiée, lui permettant de mettre en œuvre son programme axé sur une rupture politique et une justice sociale ambitieuse, porté au pouvoir huit mois plus tôt.
Opposition félicitée mais battue
Parmi les figures de l’opposition, le maire de Dakar, Barthélémy Dias, et l’ancien candidat à la présidentielle, Amadou Ba, ont reconnu la victoire de Pastef. Ces deux leaders, défaits dans leurs propres bureaux de vote, ont vu leur adversaire Ousmane Sonko, Premier ministre et pilier du parti, triompher largement dans sa ville de Ziguinchor, située au sud du pays.
Cependant, tout le monde ne partage pas cet enthousiasme. La coalition Takku Wallu Sénégal, dirigée par l’ancien président Macky Sall, a dénoncé des “fraudes massives orchestrées par Pastef” dans un communiqué. Malgré ces accusations, aucun incident majeur n’a été signalé lors du scrutin.
Participation et contexte socio-économique
La participation, en baisse par rapport à la présidentielle de mars dernier (61,3 %), s’est établie à un niveau comparable à celui des législatives de 2022, où 46,6 % des électeurs s’étaient exprimés.
Ces élections marquent une étape cruciale après trois années de crise politique et économique. Élu au premier tour de la présidentielle en mars, Bassirou Diomaye Faye, novice en matière d’exécutif, incarne les espoirs de nombreux Sénégalais, notamment les jeunes, avides de changement. Son accession au pouvoir a été soutenue par Ousmane Sonko, dont la candidature à la présidentielle avait été invalidée, propulsant ce dernier au poste de Premier ministre.
Avant ce scrutin, la cohabitation tendue entre Pastef et une Assemblée dominée par l’ancienne majorité avait marqué le paysage politique. La dissolution de cette Assemblée en septembre par le président Faye a ouvert la voie à cette nouvelle élection, où 7,3 millions d’électeurs étaient appelés à désigner 165 députés pour un mandat de cinq ans.
La Rédaction

