L’accueil des réfugiés burkinabè dans le nord du Togo entre progressivement dans une nouvelle phase. Si l’assistance humanitaire demeure indispensable, les efforts portent désormais sur le renforcement de la résilience des personnes déplacées et des communautés hôtes afin de préserver l’équilibre économique, social et environnemental d’une région confrontée à de multiples vulnérabilités.
La région des Savanes est devenue l’un des principaux points d’accueil des personnes ayant fui les violences au Burkina Faso. Dans ce territoire frontalier, où les défis liés à la pauvreté, à l’insécurité alimentaire et aux menaces sécuritaires étaient déjà importants, la réponse ne peut plus se limiter aux secours d’urgence.
C’est dans cette logique que le gouvernement togolais, avec l’appui des agences du système des Nations unies et de leurs partenaires, développe des actions destinées à renforcer les capacités des réfugiés tout en soutenant les populations qui les accueillent.
Dépasser l’urgence pour construire l’autonomie
À Cinkassé, plusieurs initiatives illustrent cette évolution. Le Programme alimentaire mondial (PAM) poursuit les distributions de vivres auprès des ménages les plus vulnérables, tout en accompagnant des coopératives agricoles grâce à la mise à disposition de semences améliorées et d’engrais.
L’objectif est double : répondre aux besoins alimentaires immédiats et permettre aux bénéficiaires de développer des activités agricoles capables de générer durablement des revenus et d’améliorer leur sécurité alimentaire.
Cette approche vise également à réduire les risques de tensions entre réfugiés et communautés d’accueil en créant des opportunités qui profitent à l’ensemble des populations concernées.
Associer emploi et protection de l’environnement
La stratégie repose aussi sur des programmes à forte dimension communautaire. À travers le mécanisme « Cash for Work », des habitants participent à la création et à l’entretien de forêts communautaires en échange d’une rémunération.
Au-delà du soutien financier apporté aux ménages, cette initiative contribue à restaurer les écosystèmes, à lutter contre la dégradation des terres et à renforcer la résilience environnementale d’une région particulièrement exposée aux effets du changement climatique.
Une réponse inscrite dans la durée
Ces actions s’intègrent au Programme d’urgence pour le renforcement de la résilience dans les Savanes (PURS), mis en œuvre par les agences des Nations unies au Togo en partenariat avec les autorités nationales.
Pour le Système des Nations unies, les premiers résultats observés plaident en faveur d’un renforcement de cette approche. L’organisation estime que la combinaison de l’aide humanitaire, du soutien aux moyens de subsistance et du développement local constitue la réponse la plus adaptée pour accompagner durablement les réfugiés tout en consolidant la résilience des communautés hôtes.
Dans une région où les défis humanitaires se conjuguent aux enjeux sécuritaires liés à la proximité de la frontière burkinabè, cette stratégie entend préserver la cohésion sociale et réduire les facteurs de fragilité qui pourraient affecter aussi bien les populations déplacées que les habitants des localités d’accueil.
La Rédaction

