Les États-Unis se rapprochent d’un accord stratégique avec le Mali qui leur permettrait de reprendre leurs vols de reconnaissance sur le territoire malien. Ce retour marque une étape majeure dans la restauration de leur coopération en matière de sécurité au Sahel, après plusieurs années de tensions avec les régimes militaires en place. Cette initiative intervient alors que la région, notamment le Mali, le Niger et le Burkina Faso, est secouée par les violences de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, responsables de milliers de morts et d’enlèvements.
Une relance militaire planifiée au Mali
Selon des sources américaines citées par Business Insider, l’accord autoriserait Washington à surveiller les activités des groupes armés et à appuyer les forces locales dans la lutte contre le terrorisme. L’administration Trump a récemment levé certaines sanctions imposées à des hauts responsables maliens, facilitant ainsi le dialogue et la coopération bilatérale.
Le Mali, pays enclavé et grand producteur d’or, est devenu un point stratégique dans la lutte contre les réseaux jihadistes qui financent leurs opérations par les enlèvements et certaines exploitations minières. Washington cherche ainsi à contenir la propagation des violences tout en réaffirmant son rôle dans la région.
Diplomatie américaine renforcée dans tout le Sahel
Les efforts militaires s’accompagnent d’une intense activité diplomatique. Nick Checker, responsable du bureau des Affaires africaines au département d’État, a effectué des visites successives au Mali, au Burkina Faso et au Niger. L’objectif : rétablir les relations bilatérales, coordonner la lutte contre le terrorisme et promouvoir la coopération économique.
À Niamey, Checker a rencontré le ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, et le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine, pour présenter une approche américaine alliant sécurité, échanges commerciaux et respect de la souveraineté nationale. Ces visites reflètent la volonté de Washington de renouer avec des gouvernements militaires qui s’étaient éloignés des partenaires occidentaux, souvent en se rapprochant de Moscou.
Une politique repensée après des années de retrait
Entre 2020 et 2024, l’aide au développement et la coopération militaire américaine dans le Sahel avaient été fortement réduites, notamment après l’arrivée au pouvoir de juntes militaires. Au Niger, Washington avait retiré ses soldats à la demande des autorités locales. La stratégie actuelle combine sécurité, diplomatie économique et soutien régional contre le terrorisme, traduisant un retour pragmatique mais mesuré.
Vers un retour équilibré et stratégique
L’accord avec le Mali pourrait servir de modèle pour étendre la coopération sécuritaire dans la région, tout en respectant la souveraineté des États sahéliens. Washington retrouve ainsi un rôle central dans le Sahel, mais doit composer avec des défis complexes : menaces jihadistes, instabilité politique et fragilité économique. Ce retour s’inscrit dans une logique de réengagement stratégique, mêlant sécurité et diplomatie pour stabiliser une zone longtemps négligée par les grandes puissances.
La Rédaction

