Les États-Unis envisagent de soutenir l’Arabie saoudite dans le développement d’une industrie nucléaire civile. En visite à Riyad dimanche, le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a déclaré qu’un accord préliminaire était en cours de négociation avec les autorités saoudiennes, sans qu’aucun engagement formel n’ait encore été conclu.
Des discussions techniques, mais des lignes rouges persistantes
L’objectif affiché : aider le royaume à produire de l’électricité à partir de centrales nucléaires, dans le cadre de sa stratégie de diversification énergétique. Mais Washington pose ses conditions. La Maison Blanche souhaite obtenir des garanties sur l’usage strictement civil des futures installations. Aucune technologie sensible ne sera transférée sans engagement clair sur la non-prolifération. Or, à ce stade, Riyad n’a pas donné suite à ces exigences.
Des ambitions nucléaires à double tranchant
Sous l’impulsion du prince héritier Mohammed ben Salmane, l’Arabie saoudite veut réduire sa dépendance au pétrole et investir massivement dans les énergies alternatives, dont le nucléaire. Mais cette volonté s’inscrit aussi dans un contexte régional marqué par la rivalité avec l’Iran. Le prince héritier n’a jamais exclu de suivre Téhéran dans la voie nucléaire si ce dernier franchissait le seuil militaire. Une déclaration qui jette une ombre sur toute coopération dans ce domaine et alimente les critiques des opposants à un éventuel accord.
Une normalisation avec Israël écartée du processus
Contrairement aux tentatives de l’administration Biden en 2023, l’accord actuellement discuté ne semble pas inclure de volet diplomatique lié à une éventuelle normalisation avec Israël. Le secrétaire à l’Énergie s’est gardé de toute référence à cette question sensible, indiquant que les pourparlers en cours portaient uniquement sur les aspects énergétiques. Une version complète du futur accord pourrait être présentée avant la fin de l’année.
Si les discussions avancent, elles butent encore sur des points clés liés à la sécurité nucléaire. Washington veut éviter tout précédent qui ouvrirait la porte à une prolifération régionale, tandis que Riyad souhaite bénéficier d’une coopération technologique sans trop de contraintes. Un équilibre difficile à atteindre, dans un Moyen-Orient où les lignes rouges sont mouvantes et les ambitions, souvent concurrentes.
La Rédaction

