En ce début janvier, la République démocratique du Congo (RDC) se positionne fermement contre le banditisme qui gangrène sa capitale, Kinshasa. Le ministre de la Justice, Constant Mutamba, a réaffirmé la détermination des autorités à appliquer la peine de mort pour lutter contre les violences perpétrées par les redoutés « Kulunas », ces gangs urbains responsables de vols, agressions et meurtres.
Une opération musclée pour une ville sous pression
Face à l’insécurité croissante, les autorités ont lancé l’opération « Zéro Kuluna – Ndobo », menée en coordination avec les ministères de la Justice et de l’Intérieur. Des arrestations massives ont été suivies de procès publics en flagrance, diffusés à la télévision nationale, où plusieurs membres de gangs ont été condamnés à mort.
Selon les autorités, cette stratégie a porté ses fruits. « Pour la première fois, les habitants de Kinshasa ont célébré les fêtes de fin d’année dans la sérénité, sans être inquiétés par les gangs », s’est félicité le ministre de la Justice.
Une peine capitale encadrée par des procédures strictes
Malgré les condamnations prononcées, aucune exécution n’a encore eu lieu. La procédure judiciaire prévoit que les condamnés disposent de plusieurs niveaux de recours avant une éventuelle mise en œuvre de la peine de mort. « Ce n’est qu’après l’épuisement de tous les appels que la sentence peut être exécutée », a précisé Constant Mutamba.
De plus, la loi congolaise impose une étape décisive : une requête de grâce présidentielle doit être adressée au chef de l’État. Celui-ci, en tant que magistrat suprême, détient le pouvoir de confirmer ou d’annuler l’exécution.
Des transferts pour sécuriser les détenus
Pour éviter d’éventuelles évasions et limiter les risques, plus de 120 prisonniers jugés particulièrement dangereux ont été transférés dans des établissements de haute sécurité, notamment à Angenga dans le nord-ouest et à Luzumu, en périphérie de Kinshasa.
Le ministre de la Justice justifie ces transferts par la dangerosité des individus concernés. « Beaucoup sont des multirécidivistes capables de briser leurs menottes. Ces criminels étaient habitués à profiter de la clémence des forces de l’ordre et de la justice. »
Cependant, ces transferts n’entravent pas leurs droits : les détenus peuvent toujours faire appel dans les juridictions compétentes des lieux où ils sont désormais incarcérés.
Une mesure controversée mais revendiquée
La volonté affichée par la RDC de réactiver la peine de mort suscite de vives réactions. Les organisations nationales et internationales de défense des droits humains dénoncent une mesure qu’elles jugent en contradiction avec les principes fondamentaux de justice.
Les autorités, quant à elles, défendent une approche pragmatique et affirment que cette fermeté est essentielle pour restaurer l’ordre. Si l’opération « Zéro Kuluna – Ndobo » se révèle efficace à court terme, elle soulève des questions profondes sur l’équilibre entre répression et respect des droits fondamentaux dans un pays encore marqué par une histoire tumultueuse.
Entre applaudissements et indignations, la RDC s’engage dans un combat où chaque décision pèsera lourdement sur l’image et l’avenir de son système judiciaire.
La Rédaction

