Le Président du Conseil s’est rendu lundi sur le chantier du pont métallique destiné à désenclaver les communes du nord. Un ouvrage stratégique de 2,2 milliards de FCFA dont l’avancement nourrit les espoirs d’une région longtemps isolée.
KÉRAN — Faure Essozimna Gnassingbé a inspecté le chantier du pont sur la rivière Kéran, lancé en mars 2024 pour un coût de 2,2 milliards de francs CFA. La visite intervient à une étape décisive : les travaux de génie civil sont achevés, la charpente métallique est en cours d’installation, et les populations voient se concrétiser un projet attendu depuis des années.
Le pont relie l’axe Kantè-Nadoba, entre Tchitchira Maison et Omalo, connectant les communes de Kéran 1 et Kéran 3. Pour ces territoires du nord, il s’agit de rompre avec un isolement chronique qui freine le commerce et limite l’accès aux services essentiels, surtout en saison des pluies.
102 mètres pour briser l’enclavement
L’ouvrage de type Unibridge mesure 102,6 mètres de long pour 11 mètres de large. Sa structure mixte acier-béton à trois travées s’inscrit dans un programme national prévoyant la construction de 21 ponts modulaires dans toutes les régions du pays.
Les fondations et les appuis sont terminés. Les équipes travaillent désormais sur la superstructure, avant les protections finales et l’installation des équipements de sécurité. Pour les autorités togolaises, ces infrastructures traduisent une volonté de rééquilibrage territorial dans un pays longtemps polarisé autour du sud.

« Nos doléances sont parvenues au Président »
M. Watékou Waté, commerçant riverain, exprime son soulagement. « Ce pont facilitera l’accès aux marchés. Nos doléances sont parvenues au Président qui a réellement pensé à nous », confie-t-il. Pour beaucoup, l’ouvrage signifie la fin des détours interminables, des pertes de marchandises et des urgences médicales bloquées par la rivière.
Le député Yaka Karango salue un « pont moderne reliant Koutammakou et Nadoba au chef-lieu de la préfecture ». Le site classé à l’UNESCO pourra ainsi mieux s’intégrer aux circuits économiques régionaux. « Les populations sont très contentes et espèrent une fin rapide des travaux », ajoute-t-il.
Au-delà du béton
La visite présidentielle répond à une attente, mais pose aussi une question centrale : comment transformer l’accessibilité nouvelle en développement durable ? Un pont facilite les échanges, réduit les temps de transport et ouvre les marchés, mais sans politiques agricoles, sanitaires et commerciales adaptées, son potentiel peut rester limité.
La présence de Faure Gnassingbé à Kéran, loin de Lomé, traduit néanmoins une volonté politique d’investir dans les périphéries. Le véritable test viendra après l’inauguration. Un pont ne vaut que par les circulations qu’il permet. À Kéran, l’espoir est que cet ouvrage devienne bientôt si ordinaire qu’on oubliera le temps où il n’existait pas. Faure bâtit pour insuffler une vie sociale digne dans chaque coin et recoin du pays. C’est par ces ensembles, d’abord isolés, ensuite réunis par cette politique d’unification sociale digne, voulue et engagée par le président du Conseil que le Togo avance vers une émergence partagée d’ou jaillira un bien-être pour tous.
La Rédaction

