En février 2025, la présidente du Pérou, Dina Boluarte, se retrouve sous le feu des projecteurs à la suite d’une enquête judiciaire qui pourrait ébranler son mandat. L’affaire débute après la révélation d’une intervention chirurgicale qu’elle a subie en juillet 2023. L’absence de la présidente, qui n’a pas été justifiée officiellement auprès du Parlement péruvien, a conduit le ministère public à ouvrir une enquête pour “abandon de poste”, une infraction grave dans le cadre de la Constitution péruvienne.
Une absence qui inquiète
Le 29 juin 2023, Dina Boluarte subit une rhinoplastie, à la fois pour des raisons esthétiques et médicales, visant à corriger des problèmes respiratoires persistants. Cependant, son absence durant la période post-opératoire, qui s’est prolongée jusqu’au 9 juillet, a été perçue comme suspecte. Aucune explication formelle n’a été donnée au Parlement, ce qui, selon les règles en vigueur, aurait dû être le cas en raison de la nature de son absence. Ce manque de transparence a rapidement suscité des interrogations sur la gestion de l’exécutif et a déclenché une enquête de la part des autorités compétentes.
Un contexte politique tendu
Dina Boluarte n’est pas étrangère aux turbulences politiques. Arrivée au pouvoir en 2021 après la destitution de Pedro Castillo, elle a hérité d’une situation fragile, marquée par des manifestations violentes et une profonde division au sein de la population. Sa gestion des crises sociales et politiques a été largement critiquée, et sa popularité a souffert de ces turbulences.
L’enquête pour abandon de poste n’est qu’une pièce de plus dans le puzzle d’un gouvernement en difficulté. Parallèlement, la présidente est mêlée à un autre scandale, celui du “Rolexgate”, dans lequel elle est accusée d’avoir utilisé des fonds publics à des fins personnelles, après avoir été aperçue portant des montres de luxe lors de déplacements officiels. Ces différents scandales alimentent l’hostilité à son égard et créent un climat politique déjà largement instable.
Un avenir incertain pour la présidente
L’enquête pour abandon de poste pourrait avoir des conséquences majeures pour Boluarte. En cas de mise en accusation, la présidente pourrait faire face à une procédure de destitution. Bien que la situation politique au Pérou soit complexe et la destitution difficile à mettre en œuvre en raison de la division du Congrès, le climat autour de la présidente est de plus en plus délétère. Le faible soutien populaire et l’incertitude judiciaire pèsent lourdement sur sa capacité à maintenir son autorité.
Pour l’heure, Dina Boluarte se défend en affirmant qu’aucune faute n’a été commise, mais l’absence de preuves tangibles pour justifier son absence continue de nourrir les suspicions. Cette enquête pourrait s’avérer décisive pour son avenir politique.
L’enquête sur Dina Boluarte s’inscrit dans un contexte de crises multiples pour le Pérou. Si cette affaire devait se solder par une mise en accusation, elle risquerait de marquer un tournant dans la stabilité politique du pays. La présidente, déjà fragilisée par des scandales et une gestion contestée, pourrait se retrouver face à une pression insurmontable. La question reste ouverte : Boluarte parviendra-t-elle à surmonter cette épreuve ou verra-t-elle son mandat sérieusement compromis ?
La Rédaction

