Le célèbre producteur et rappeur américain Sean Combs, alias P. Diddy, a été reconnu coupable mercredi 2 juillet d’avoir organisé le déplacement de femmes pour qu’elles se livrent à des actes sexuels. En revanche, il a été acquitté des accusations beaucoup plus graves de trafic sexuel et de mise en place d’un réseau criminel, qui auraient pu entraîner une peine de prison à perpétuité.
Des « freak-offs » organisés par P. Diddy
L’affaire a révélé un système organisé autour de fêtes sexuelles extrêmes, surnommées « freak-offs», où des femmes étaient amenées à avoir des relations avec des hommes prostitués, souvent en présence de Combs, qui filmait ou se masturbait. Deux femmes ont témoigné : Cassie, ex-compagne du rappeur, et une autre victime présentée sous le pseudonyme de « Jane ».
Selon l’accusation, ces actes n’étaient en rien consensuels. « Elles étaient droguées, huilées, épuisées et douloureuses », a affirmé la procureure Christy Slavik, décrivant des scènes de manipulation physique et mentale. Le rappeur, selon elle, imposait sa volonté, notamment à Cassie, sur laquelle il exerçait un fort contrôle psychologique et financier.
Une défense basée sur le consentement
La stratégie de défense s’est appuyée sur l’idée d’un mode de vie sexuel hors normes mais consenti. L’avocat Marc Agnifilo a présenté son client comme un homme engagé dans des relations polyamoureuses. Il a souligné que Cassie, par exemple, avait toujours été libre de partir et qu’elle « aimait le sexe, et grand bien lui fasse ».
Pour appuyer ses propos, la défense a cité un message envoyé par la chanteuse en 2009, dans lequel elle écrivait être « toujours prête pour un freak-off ». Cassie a reconnu ce message, tout en expliquant qu’elle était alors sous l’emprise mentale de P. Diddy et dépendante de lui à tous les niveaux.
Un verdict en demi-teinte
Les douze jurés ont finalement rejeté les accusations de trafic sexuel et de racket criminel, qui visaient à démontrer que Combs dirigeait une véritable organisation de crimes sexuels. Ils l’ont toutefois reconnu coupable d’avoir fait transporter des femmes dans le but de les forcer à des relations sexuelles, ce qui reste une infraction grave.
Selon la procureure Maurene Comey, le producteur agissait avec un sentiment d’impunité : « Il avait tellement dépassé les bornes qu’il ne pouvait même plus les voir. Mais l’accusé n’est pas Dieu. »
Quelle suite pour P. Diddy ?
La peine exacte sera prononcée dans les prochaines semaines. Sean Combs risque jusqu’à 10 ans de prison, même si ses avocats envisagent déjà de faire appel. Le verdict fragilise fortement l’image du magnat de la musique, dont la fortune était estimée à 700 millions de dollars en 2019.
Même s’il échappe aux accusations les plus graves, cette condamnation marque une chute spectaculaire pour l’un des poids lourds de l’industrie musicale américaine, désormais jugé coupable d’avoir organisé des abus sexuels dissimulés derrière des apparences de liberté sexuelle.
La Rédaction

