Lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies, le Sous-Secrétaire général Miroslav Jenča a qualifié de « terrifiant » le plan israélien visant à une prise de contrôle militaire totale de la bande de Gaza. Selon lui, cette initiative pourrait ouvrir « un nouveau chapitre dangereux » dans le conflit israélo-palestinien et aggraver une situation humanitaire déjà catastrophique.
Un plan militaire aux conséquences régionales
Approuvé le 8 août par le gouvernement israélien, le projet prévoit le désarmement du Hamas, la libération de tous les otages, la démilitarisation de Gaza, un contrôle sécuritaire israélien renforcé et la création d’une administration civile distincte du Hamas et de l’Autorité palestinienne.
Les médias israéliens rapportent que l’armée prévoit de déplacer 800 000 habitants de la ville de Gaza d’ici le 7 octobre 2025, d’encercler la zone pendant trois mois, puis de prendre le contrôle des camps centraux sur une période de deux mois supplémentaires.
Risque de catastrophe humanitaire
Miroslav Jenča a averti que cette stratégie pourrait provoquer « de nouveaux déplacements forcés, des meurtres et des destructions », tout en déstabilisant l’ensemble de la région. Il a rappelé que, pour l’ONU, la seule voie de sortie passe par :
• Un cessez-le-feu total, immédiat et permanent.
• La libération sans condition de tous les otages.
• Le respect du droit international humanitaire.
• Un accès humanitaire rapide, sûr et sans entrave.
Le haut responsable a réaffirmé que Gaza doit rester partie intégrante d’un futur État palestinien viable, dans le cadre d’une solution à deux États basée sur les frontières de 1967, avec Jérusalem comme capitale partagée.
Un bilan humain déjà dramatique
Ramesh Rajasingham, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), a souligné que plus de 500 travailleurs humanitaires ont été tués à Gaza depuis l’escalade des hostilités. Il a alerté sur une famine désormais avérée, touchant particulièrement les personnes âgées, handicapées, les enfants isolés et les veuves.
Malgré quelques « pauses tactiques » permettant un acheminement limité de l’aide, la situation reste « intenable » dans la zone sécurisée représentant moins de 14 % du territoire de Gaza.
Appel à une action concertée
L’ONU assure disposer de plans opérationnels pour répondre à l’urgence, mais réclame un accès humanitaire prévisible. « Nous l’avons déjà dit et nous le répétons : travaillons ensemble », a exhorté Ramesh Rajasingham.
La Rédaction

