L’ONU tire la sonnette d’alarme sur l’inefficacité du système mondial de coopération au développement et l’urgence d’un changement de cap pour lutter contre les inégalités, en particulier celles qui frappent les femmes et les filles.
Un modèle dépassé face aux défis actuels
Lors du Forum 2025 sur la coopération en matière de développement, qui se tient actuellement à New York, les Nations unies ont mis en lumière les lacunes du système de coopération internationale. Bob Rae, président de l’ECOSOC, a dénoncé un cadre inefficace, miné par la fragmentation et la concurrence pour des ressources limitées. Avec 600 millions de personnes toujours menacées par l’extrême pauvreté d’ici 2030 et un déficit de financement du développement durable atteignant 4 000 milliards de dollars par an, il est impératif de revoir le fonctionnement du système.
Le forum a souligné l’importance d’une coopération intégrant pleinement les institutions financières internationales (IFI) et le secteur privé. “L’idée que ce soit un projet de l’ONU seule, ou de l’ONU et des États-nations seuls, est erronée”, a insisté Bob Rae.
Les femmes, premières victimes d’un système inégalitaire
Li Junhua, sous-secrétaire général aux affaires économiques et sociales, a alerté sur les conséquences de ce modèle défaillant : “Trop de pays sont accablés par une dette insoutenable et un espace budgétaire limité. Dans ce système, ce sont les femmes et les filles qui souffrent le plus.” La précarité économique accrue par un cadre mondial inadapté risque de compromettre les progrès en matière d’égalité des sexes.
Cristina Duarte, conseillère spéciale pour l’Afrique, a mis en évidence un paradoxe fondamental du financement du développement : “Le pouvoir de décision est d’un côté, les ressources financières de l’autre.” Elle a dénoncé une mondialisation qui, si elle a généré une richesse inédite, a aussi exacerbé les inégalités et affaibli les États.
Une réforme en vue ?
Ce Forum précède la quatrième conférence internationale sur le financement du développement, prévue du 30 juin au 3 juillet. Les discussions en cours doivent aboutir à des recommandations concrètes pour rendre les mécanismes de financement internationaux plus justes et plus efficaces, en mettant un accent particulier sur les populations les plus vulnérables.
La Rédaction

