La haine n’est jamais anodine et ses ravages peuvent traverser les générations.
À Genève, la cheffe adjointe des droits de l’homme de l’ONU, Nada Al-Nashif, a tiré la sonnette d’alarme sur la multiplication des plateformes et organisations promouvant ouvertement la haine raciale, la xénophobie et les idéologies de supériorité raciale. Selon elle, ces doctrines, loin d’appartenir au passé, s’alimentent encore de l’héritage du colonialisme et de l’esclavage pour se diffuser dans le monde contemporain.
L’alerte intervient à l’occasion du 60ᵉ anniversaire de la Convention internationale contre la discrimination raciale. Mme Al-Nashif a rendu hommage aux victimes du racisme, de la ségrégation et de l’apartheid, rappelant que la discrimination raciale actuelle s’entrelace désormais à d’autres formes d’exclusion. Elle touche particulièrement les personnes d’origine africaine et asiatique, les peuples autochtones, les Roms, les minorités, ainsi que les migrants, demandeurs d’asile et réfugiés.
« Les conflits à caractère ethnique et identitaire conduisant à des crimes atroces sont en augmentation », a averti la cheffe adjointe, soulignant la responsabilité collective des États pour éliminer la discrimination raciale sous toutes ses formes. La Convention, adoptée il y a soixante ans, a été un traité révolutionnaire en instaurant non seulement des normes juridiquement contraignantes, mais aussi un mécanisme de contrôle volontaire par les États pour garantir sa mise en œuvre.
Gay McDougall, Vice-Présidente du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD), a rappelé les millions de vies brisées par la croyance en la supériorité d’une vie sur une autre. Elle a évoqué les peuples autochtones victimes de dépossession et d’assimilation forcée, les Africains arrachés à leur terre pour l’esclavage, les communautés asiatiques confrontées à l’exploitation coloniale, ainsi que les Roms marginalisés depuis des siècles.
Mme McDougall a également souligné le sort des nouveau-nés dont les chances de réussite sont limitées par des discriminations structurelles et celui des migrants cherchant une vie meilleure mais confrontés à des frontières fermées ou à des tragédies en mer. « Le racisme et la discrimination ne sont pas des abstractions. Ce sont des blessures infligées à l’âme d’une nation et de l’humanité », a-t-elle conclu, appelant à la vigilance et à l’action collective.
La Rédaction

