Malgré plusieurs initiatives diplomatiques, la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) reste alarmante. L’ONU alerte sur l’écart entre les engagements politiques et la réalité sur le terrain.
Une sécurité toujours fragile
La sous-secrétaire générale de l’ONU pour l’Afrique, Martha Ama Akyaa Pobee, a fait part vendredi devant le Conseil de sécurité de son inquiétude face aux combats qui continuent dans l’est du pays. Selon elle, « les efforts diplomatiques récents ne se traduisent pas encore par une amélioration sur le terrain, et certaines parties n’ont pas respecté les obligations prévues par la résolution 2773 du Conseil de sécurité ».
En juillet, un accord de paix a été signé à Washington entre les ministres des Affaires étrangères de la RDC et du Rwanda, sous l’égide des États-Unis. Mais le groupe rebelle M23, absent des négociations, a rejeté l’accord, refusant de s’y engager.
Tensions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali
Le représentant permanent de la RDC à l’ONU, Zénon Mukongo Ngay, critique l’attitude rwandaise et celle de ses alliés sur le terrain :
« Malgré les efforts de paix, nous constatons que le Rwanda et ses supplétifs continuent de violer les engagements pris dans l’accord de Washington et la Déclaration de principes de Doha. »
Du côté rwandais, la réponse est sans équivoque. Martin Ngoga, représentant permanent du Rwanda à l’ONU, accuse la RDC de marginaliser certaines populations
« La souveraineté de la RDC et de ses voisins est indiscutable, mais chaque État doit garantir un traitement équitable à tous ses citoyens. La marginalisation ne peut être justifiée. »
Médiation au point mort
Le Qatar avait lancé une médiation pour rapprocher Kinshasa et le M23, avec pour objectif de mettre en place un cessez-le-feu permanent. Mais la date limite fixée pour un accord a été dépassée, et aucune avancée concrète n’a été annoncée, laissant les populations locales dans une incertitude persistante.
La Rédaction

