L’Iran a décidé de tourner le dos à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dans un contexte explosif marqué par des attaques contre ses installations nucléaires. Une rupture brutale confirmée ce lundi par le ministère iranien des Affaires étrangères, quelques jours après un vote du parlement en faveur de la suspension de toute coopération avec l’agence onusienne.
« Comment pouvons-nous garantir la sécurité des inspecteurs, alors que nos sites pacifiques ont été attaqués il y a moins d’une semaine ? », a lancé Esmail Baghaei Hamaneh, porte-parole du ministère, dénonçant l’inaction de l’AIEA face à ce que Téhéran qualifie d’« agression israélienne ». En cause : les frappes sur les sites sensibles de Natanz et Fordo, survenues le 24 juin, que les autorités iraniennes attribuent à Israël.
Une rupture assumée
En mettant fin à sa coopération avec l’AIEA, l’Iran prend un virage stratégique. Jusqu’ici, malgré les tensions, le régime avait maintenu un minimum de dialogue avec les inspecteurs onusiens. Ce n’est désormais plus le cas. Et la défiance va croissant.
Téhéran fustige le silence de l’agence après l’attaque contre ses installations et dénonce une « complicité passive » des institutions internationales. En parallèle, Donald Trump a appelé l’Iran à rouvrir ses sites aux experts internationaux — une intervention jugée provocatrice par les responsables iraniens.
Les Occidentaux inquiets
Face à cette escalade, les capitales occidentales appellent Téhéran à garantir la sécurité des équipes de l’AIEA, tout en réaffirmant leur inquiétude sur l’évolution du programme nucléaire iranien. Depuis la rupture de l’accord de 2015, l’Iran a multiplié les gestes de défiance, notamment l’augmentation de son niveau d’enrichissement d’uranium, désormais très proche du seuil militaire.
La décision iranienne pourrait avoir des conséquences durables sur la stabilité régionale. Sans accès aux sites, l’AIEA perd l’un de ses derniers leviers de surveillance, et les efforts diplomatiques pour relancer un accord semblent désormais au point mort.
La Rédaction

