Je. Je suis. pas cee f Proche du terrain, proche des cœurs. Avant d’être élu pape le 8 mai 2025 sous le nom de Léon XIV, Robert Francis Prevost a longuement foulé les terres africaines, multipliant les rencontres avec les communautés catholiques, en particulier celles de l’Ordre de Saint-Augustin, qu’il a dirigé de 2001 à 2013 comme prieur général. Ces séjours marquent encore les esprits au Kenya, en République démocratique du Congo et jusqu’aux confins du Haut-Uélé.
En décembre 2024, sa dernière visite africaine l’avait mené à Nairobi, où il avait présidé la dédicace de la chapelle Notre-Dame du Bon Conseil au monastère de Karen. Dans une homélie habitée de spiritualité, il soulignait : « Le Christ est la porte par laquelle nous passons tous pour trouver le salut ; la porte de l’Église est ouverte pour que chacun y trouve sa place. » Il appelait alors les fidèles à « ouvrir les portes de leurs cœurs dans l’amour » et à persévérer sur « ce grand chemin » d’unité et de fidélité.
Du Congo profond à la Loggia des bénédictions
Mais c’est surtout en République démocratique du Congo que l’émotion se fait la plus vive. À Kinshasa, le père Olivier Gangola Bawa, vicaire régional des Augustins, n’a pu retenir ses larmes à l’annonce du nom du nouveau pape : « Le voir au balcon, c’était une grande joie, une émotion impossible. »
Léon XIV ne s’était pas contenté de rester dans la capitale congolaise. Lors de son périple de 2010, il avait parcouru plus de 2 000 kilomètres jusqu’à Isiro, avant de poursuivre par la route, à travers la poussière et les nids-de-poule, jusqu’à la paroisse reculée de Doungou, proche de la frontière sud-soudanaise. Le père Michel Mivunguba Kaneru, qui l’a accompagné dans ce périple difficile, se souvient : « Il a voulu faire l’expérience de ce que nous vivons. Il n’a rien exigé, il a dormi là où on l’a accueilli, mangé ce qu’on mangeait. »
Un homme de prière, simple et proche des humbles
À Doungou, sept frères augustiniens se souviennent encore de la simplicité de celui qui est désormais évêque de Rome. « Il n’a pas de limites. Il entre dans le monde des petits comme des grands », témoigne le père Blaise Mbiko Yezu. « Toujours le premier aux vêpres à 18h30. Un homme méditatif, mais aussi profondément discipliné dans sa vie spirituelle. »
Aujourd’hui, dans ce village oublié des cartes, l’émotion est telle que le centre de formation professionnelle tenu par les frères pourrait bientôt porter le nom de Léon XIV.
Un appel à la paix entendu
À Kinshasa, comme à Morondava à Madagascar, les premières paroles de Léon XIV – « La paix soit avec vous » – ont été reçues comme un signe d’espérance. « Pour nous Congolais, ce message doit nous réconforter », a déclaré Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale du Congo. Le président de la Conférence des évêques de Madagascar, Mgr Marie Fabien Raharilamboniaina, a lui aussi salué ces mots simples, lourds de promesse.
Le continent africain connaît bien ce nouveau pape. Et lui, manifestement, n’a jamais cessé de le porter dans son cœur.
La Rédaction

