Depuis le gel brutal des financements de l’USAID par l’administration Trump, le Nigeria affronte une crise humanitaire d’une ampleur alarmante. Dans les États du nord-est ravagés par les conflits avec Boko Haram, des milliers de familles déplacées voient leurs dernières sources de soutien se tarir.
Pendant plus d’une décennie, l’Agence américaine pour le développement international (USAID) a assuré la survie de millions de personnes, finançant cliniques mobiles, distributions alimentaires et programmes de nutrition pour enfants. Mais la décision politique de suspendre ces aides, sans plan de remplacement, a fait l’effet d’un couperet.
Selon Trond Jensen, chef du bureau humanitaire des Nations unies au Nigeria, « 50 % des efforts nutritionnels ont disparu, 70 % des services de santé sont menacés ». Et l’alerte est grave : le nombre d’enfants mal nourris a doublé, au moment même où les capacités d’intervention sont réduites de moitié. La dernière ligne de secours — un fonds de l’Union européenne — s’éteindra en juin. Après cela, les cliniques devront fermer. Des milliers d’enfants n’auront plus accès aux traitements vitaux contre la malnutrition aiguë sévère.
Dans les camps de déplacés de Borno ou d’Adamawa, le quotidien est devenu un combat pour la survie. Les familles, déjà éprouvées par les violences, doivent désormais affronter l’abandon international. « Nous étions aidés, nous pouvions manger. Maintenant, mes enfants pleurent de faim », témoigne une mère réfugiée près de Maiduguri.
L’ONU et les ONG lancent un cri d’alarme. Sans un sursaut des bailleurs de fonds, la catastrophe humanitaire se profile. Non pas à coups de bombes, mais à travers la lente agonie des plus vulnérables. En silence.
La Rédaction

