Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, s’est rendu au Niger pour « approfondir la coopération » avec le régime militaire au pouvoir depuis juillet 2023. Une visite stratégique dans un pays producteur d’uranium, au moment où Niamey durcit son bras de fer avec le groupe français Orano.
Un soutien réaffirmé de l’AIEA au Niger
Lors de son séjour, Grossi a rencontré Ali Mahaman Lamine Zeine, Premier ministre du régime militaire, et a visité la Somaïr, une grande mine d’uranium du nord du pays. Sur X (ex-Twitter), il a souligné l’importance du Niger dans l’industrie nucléaire mondiale et a insisté sur la nécessité de maintenir la présence de l’AIEA malgré les récents bouleversements politiques.
« Nous avons exploré les moyens d’approfondir la coopération avec l’AIEA. La science nucléaire offre des solutions concrètes, et le Niger peut compter sur notre soutien », a déclaré Grossi. Il a également réaffirmé l’engagement de l’agence en faveur de la sûreté, de la sécurité et de la non-prolifération dans ce secteur clé de l’économie nigérienne.
Un conflit grandissant avec Orano
Le Niger, qui fournit environ 5 % de la production mondiale d’uranium, cherche à reprendre le contrôle de ses ressources minières. Le régime militaire a retiré à Orano son permis d’exploitation du site d’Imouraren, dont les réserves sont estimées à 200 000 tonnes. En parallèle, le groupe français a perdu la main sur la Somaïr, dénonçant « l’ingérence des autorités » et leur « refus systématique de dialogue ».
Le conflit s’est déplacé sur le terrain juridique : Orano a engagé deux arbitrages internationaux contre l’État du Niger. En jeu, notamment, une cargaison de 1 300 tonnes de concentré d’uranium, bloquée sur le site de la Somaïr, pour une valeur estimée à 250 millions d’euros.
Une nouvelle orientation géopolitique ?
Ce bras de fer illustre les tensions grandissantes entre le Niger et l’ancienne puissance coloniale française. Dans cette dynamique, Niamey explore de nouveaux partenariats, notamment avec la Russie et l’Iran. Toutefois, le Premier ministre Zeine a affirmé en 2024 qu’aucun accord sur l’uranium n’avait été signé avec Téhéran.
Au-delà des questions minières, la visite de Grossi a aussi porté sur les applications médicales du nucléaire. Il s’est rendu dans un centre de radiothérapie contre le cancer à Niamey, construit avec l’appui financier et technique de l’AIEA, témoignant ainsi d’une coopération élargie entre l’agence et le Niger.
La Rédaction

