Depuis septembre 2025, le groupe jihadiste Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) intensifie ses attaques au Mali, ciblant les routes et l’approvisionnement en carburant. Cette stratégie plonge Bamako et plusieurs régions dans une crise énergétique aux répercussions économiques, sociales et sécuritaires profondes, affectant la vie quotidienne et la stabilité du pays.
Conséquences immédiates
Pénurie de carburant et perturbation des services
Les stations-service de Bamako connaissent des files d’attente interminables et les prix des transports explosent, rendant les déplacements coûteux et difficiles pour les taxis, bus et le transport de marchandises. Cette situation affecte également les services essentiels : les hôpitaux limitent l’usage de leurs générateurs, les écoles subissent des interruptions et de nombreuses entreprises voient leur production ralentir ou s’arrêter. La pénurie impacte ainsi toute la vie quotidienne et révèle la dépendance du Mali aux importations de carburant.
Impact sur l’aide humanitaire et les vols commerciaux
Les organisations humanitaires et les compagnies aériennes commerciales rencontrent de grandes difficultés pour acheminer l’aide et les biens essentiels. Les retards et annulations ralentissent la distribution de denrées alimentaires, de médicaments et de matériel, accentuant la pression sur les populations vulnérables et perturbant le commerce aérien et terrestre.
Conséquences économiques à long terme
Inflation et perturbation du commerce
La rareté du carburant entraîne une hausse généralisée des prix des denrées alimentaires et des produits essentiels, aggravant la précarité des ménages et réduisant le pouvoir d’achat. Les routes commerciales vers le Sénégal et la Côte d’Ivoire deviennent dangereuses, les convoyages de carburant et de marchandises sont régulièrement attaqués, et les incendies de camions-citernes paralysent le commerce transfrontalier, fragilisant l’économie régionale.
Réduction de la production minière
Le secteur minier est fortement touché : les sites manquent de carburant pour faire fonctionner les équipements et transporter le minerai. La production diminue, réduisant les revenus de l’État et fragilisant les budgets locaux et les services publics.
Risques sécuritaires et sociaux
Renforcement de l’influence du JNIM et exode interne
En imposant le blocus, le JNIM renforce son contrôle sur les routes et exerce une pression politique et économique sur le gouvernement, cherchant à affaiblir l’autorité de l’État. Face à la dégradation des conditions de vie, de nombreux Maliens fuient les zones urbaines ou migrent vers l’étranger, ce qui réduit la main-d’œuvre qualifiée, diminue les investissements et fragilise davantage l’économie.
Appels au dialogue national
Des acteurs politiques et représentants de la société civile appellent à un dialogue national pour résoudre la crise pacifiquement. La junte militaire privilégie toutefois la solution militaire, ce qui limite les perspectives de résolution rapide.
Le blocus du carburant imposé par le JNIM dépasse la simple crise énergétique. Il menace la stabilité économique et sociale, paralyse les services essentiels, perturbe le commerce et accentue les tensions sécuritaires. Une réponse coordonnée entre gouvernement, partenaires internationaux et société civile est cruciale pour restaurer l’approvisionnement et assurer la sécurité des populations.
La Rédaction

