Le Parlement du Nicaragua a récemment voté une nouvelle loi visant à punir les personnes partageant des messages jugés effrayants pour la population, provoquant « la peur, la panique ou l’anxiété ». Adoptée le 11 septembre 2024, cette législation prévoit des peines de prison allant jusqu’à cinq ans et des amendes pour toute personne propageant des informations causant « l’alarme » ou « la peur » parmi la population.
Selon le communiqué du Parlement, la nouvelle loi a pour but de « renforcer la prévention, la confrontation, l’investigation et la poursuite des délits commis par des personnes physiques ou morales, à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, à travers les systèmes informatiques, les nouvelles technologies et les réseaux sociaux ». Elle s’applique également à toute personne « facilitant » de telles infractions, quelle que soit sa nationalité.
Cette mesure intervient alors que la répression est de plus en plus importante des voix critiques envers le gouvernement depuis les manifestations de 2018, qui avaient fait environ 300 morts selon l’ONU. Depuis, plus de 5 500 ONG ont été fermées et des milliers de Nicaraguayens ont fui le pays, qui fait face à des sanctions internationales.
Les opposants ont qualifié cette loi de « bâillon » et soulignent qu’elle pourrait accentuer la persécution des réfugiés, y compris ceux ayant trouvé refuge à l’étranger. Des organisations de défense des droits humains s’inquiètent qu’elle ne fasse qu’aggraver la situation déjà difficile pour les libertés civiles au Nicaragua, où les journalistes et les activistes sont souvent harcelés et menacés.
D’un côté, cette loi est présentée comme nécessaire pour assurer l’ordre public et la sécurité du pays. De l’autre, elle est perçue comme une violation des droits fondamentaux et une tentative de répression des critiques envers le gouvernement.
La Rédaction

