C’est une page emblématique du sport américain qui se tourne. Après 47 ans de règne familial, les Los Angeles Lakers vont changer de mains. La chaîne ESPN a révélé, mercredi 18 juin, qu’un accord a été trouvé pour la vente de la franchise mythique à Mark Walter, homme d’affaires américain et déjà copropriétaire partiel, pour un montant de 10 milliards de dollars — soit environ 8,7 milliards d’euros. Une somme jamais atteinte dans l’histoire du sport professionnel aux États-Unis.
La famille Buss, propriétaire des Lakers depuis 1979, cède ainsi le contrôle majoritaire de l’équipe tout en conservant Jeanie Buss à la présidence. Une décision qui met fin à près d’un demi-siècle de gestion familiale, durant lequel les Lakers sont devenus l’une des marques les plus puissantes du sport mondial.
Un empire sportif entre tradition et ambition
Mark Walter, qui prendra officiellement les rênes, est le PDG de TWG Global, une holding tentaculaire déjà engagée dans plusieurs disciplines sportives. Son portefeuille comprend les Los Angeles Dodgers (MLB), les Los Angeles Sparks (WNBA), la Billie Jean King Cup de tennis, et plus récemment l’écurie Cadillac en Formule 1. L’acquisition des Lakers marque donc une nouvelle pièce maîtresse dans une stratégie globale de domination sportive.
L’héritage Buss, entre spectacle et performances
L’ère Buss avait démarré en 1979 avec Jerry Buss, visionnaire du « sport-entertainment » à l’américaine. Il voulait des victoires, mais aussi du show. Pom-pom girls, musique, animations — le “Showtime Lakers” était né. Sous sa houlette, la franchise a remporté 11 des 17 titres NBA qu’elle affiche aujourd’hui. Une dynastie construite autour de légendes comme Magic Johnson, Kareem Abdul-Jabbar, James Worthy, avant l’arrivée de la génération Kobe Bryant-Shaquille O’Neal, puis Pau Gasol.
Le dernier sacre remonte à 2020, avec LeBron James comme fer de lance. Ce titre, glané dans la “bulle Covid” d’Orlando, a permis aux Lakers d’égaliser avec leurs éternels rivaux, les Boston Celtics, en nombre de titres (17). Depuis, la franchise peine à retrouver la voie du sommet, mais son prestige reste intact — au point de justifier le montant pharaonique de la vente.
Le sport américain entre dans une nouvelle ère
Ce rachat pulvérise le précédent record, détenu par les Boston Celtics, vendus pour 6,1 milliards de dollars plus tôt cette année. Le signal est clair : les franchises historiques de la NBA deviennent des actifs ultra-prisés, bien au-delà du sport, au cœur d’une guerre économique et culturelle autour du divertissement mondial.
Si l’avenir sportif immédiat des Lakers reste flou, le cap est donné : s’imposer non seulement sur les parquets, mais aussi comme la franchise sportive la plus valorisée de la planète.
La Rédaction

