À partir du 8 juillet, le musée Bonnat-Helleu de Bayonne présente « Mythologies », une exposition transcontinentale qui met en dialogue œuvres anciennes et créations contemporaines. En croisant les imaginaires de l’Europe, de l’Asie, des Amériques et de l’Afrique, le parcours interroge la persistance des récits mythiques et leurs réinterprétations dans l’art actuel.
Un musée face à la mémoire longue des récits humains
Avec « Mythologies », le musée Bonnat-Helleu propose une lecture élargie de la notion de mythe, envisagée non comme vestige du passé, mais comme structure vivante de la pensée humaine. L’exposition réunit des œuvres issues de différentes aires culturelles afin de montrer comment les sociétés, à travers les siècles, ont construit des récits pour expliquer l’origine du monde, fonder des valeurs collectives ou incarner des figures héroïques.
Loin d’une approche strictement illustrative, le parcours met en tension les traditions iconographiques anciennes et les interprétations contemporaines, révélant la capacité des mythes à se transformer sans disparaître.
Des figures universelles entre héroïsme et fondation du monde
Au cœur de l’exposition, les grandes figures mythologiques apparaissent comme des matrices narratives communes à de nombreuses civilisations. Héros civilisateurs, dieux créateurs, figures de métamorphose ou récits de fondation structurent un imaginaire global que les œuvres présentées permettent de comparer et de relire.
Cette mise en regard met en évidence une constante : au-delà des différences culturelles, les mythes remplissent des fonctions similaires de cohésion symbolique et d’interprétation du réel.
Réinventions contemporaines et regards africains sur le mythe
L’un des axes majeurs de l’exposition réside dans les réappropriations contemporaines des récits mythologiques. Plusieurs artistes africains y proposent des relectures des grandes figures légendaires, en les confrontant à des enjeux actuels tels que l’identité, la mémoire ou les héritages coloniaux.
Ces créations déplacent les mythes hors de leur cadre originel pour les inscrire dans des réalités contemporaines, où ils deviennent des outils critiques autant qu’esthétiques. Le mythe n’est plus seulement transmis : il est réactivé, détourné et reconfiguré.
Une circulation des imaginaires à l’échelle mondiale
En réunissant des œuvres issues de plusieurs continents, « Mythologies » affirme une ambition clairement transversale : montrer que les récits fondateurs ne relèvent pas d’une seule tradition, mais d’un patrimoine symbolique mondial en constante circulation.
Cette approche met en évidence les continuités invisibles entre des cultures éloignées géographiquement, mais proches dans leur manière de structurer le sens à travers le récit.
La Rédaction

