Les politiques migratoires européennes continuent de pousser des milliers de personnes à emprunter des chemins toujours plus dangereux pour atteindre l’Europe. Selon Amnesty International France, cette situation résulte d’un racisme systémique et d’une externalisation accrue des demandes d’asile.
Des routes migratoires de plus en plus meurtrières
Si la Méditerranée centrale reste le théâtre de nombreux naufrages, d’autres routes connaissent une explosion des décès. Le Sahara est devenu un cimetière invisible pour des centaines de migrants bloqués aux frontières, notamment entre la Tunisie et la Libye. Amnesty International France pointe la responsabilité de l’Union européenne, accusée de complicité dans ces tragédies en raison des accords passés avec les pays du Maghreb.
L’Algérie, par exemple, expulse massivement des exilés vers le Niger, conséquence directe de ces politiques. De plus, le projet d’Emmanuel Macron de créer des centres de tri au Niger illustre cette volonté d’externalisation des demandes d’asile, une tendance qui s’observe également aux États-Unis et qui devrait s’amplifier avec la mise en œuvre du pacte asile-immigration en 2026.
L’ampleur d’un drame ignoré
Contrairement à la Méditerranée, où la présence d’ONG permet de documenter les tragédies, les morts en zones subsahariennes ou sur la côte atlantique africaine restent largement invisibles. En Europe même, le phénomène se répète. À Briançon et Montgenèvre, dans les Hautes-Alpes, de plus en plus de personnes meurent en tentant de franchir la frontière, sans que ces drames fassent la une de l’actualité.
L’enclave de Melilla, entre le Maroc et l’Espagne, est un autre exemple frappant : en 2022, des dizaines de personnes y ont perdu la vie, dans l’indifférence générale des autorités espagnoles et marocaines.
Un racisme structurel à l’échelle mondiale
Diane Fogelman, spécialiste des migrations à Amnesty International France, souligne que ces politiques discriminatoires s’inscrivent dans un cadre historique profondément ancré. En étudiant la situation des travailleurs immigrés au Canada, l’ONG a observé des dynamiques héritées de l’esclavage. Ce constat renforce l’idée que le racisme structurel est un phénomène mondial, perpétué par des États qui criminalisent de plus en plus ceux qui viennent en aide aux exilés.
La Rédaction

