Pour la première fois de son histoire, le Maroc confie la direction de son gouvernement à une femme. Nommée par le roi Mohammed VI après la victoire du Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM) aux législatives, Fatima Ezzahra El Mansouri franchit un plafond politique majeur. Reste désormais à transformer le symbole en capacité à gouverner.
À 50 ans, Fatima Ezzahra El Mansouri entre dans l’histoire politique du royaume. Maire de Marrakech, ancienne ministre et figure du PAM, elle devient la première femme appelée à diriger le gouvernement marocain. Sa nomination intervient après les législatives du 23 septembre, remportées par son parti avec 97 sièges sur les 395 de la Chambre des représentants.
L’événement possède une portée qui dépasse son parcours personnel. Jusqu’ici, malgré une présence féminine croissante dans les institutions, aucune Marocaine n’avait accédé à la tête du gouvernement. El Mansouri devient également la deuxième femme à exercer une telle fonction dans le monde arabe après la Tunisienne Najla Bouden.
Une victoire sans majorité
La première difficulté est cependant immédiate. Les 97 députés du PAM ne suffisent pas pour atteindre les 198 sièges nécessaires à une majorité absolue. Fatima Ezzahra El Mansouri doit donc construire une coalition avec d’autres formations politiques avant de constituer son gouvernement.
Elle a annoncé l’ouverture de consultations et résumé sa nouvelle responsabilité par une formule : « le travail commence aujourd’hui ». Derrière l’image historique d’une femme accédant au sommet du gouvernement se profile ainsi une négociation politique déterminante pour la stabilité de la prochaine majorité.
Le symbole face aux attentes sociales
La nouvelle cheffe du gouvernement hérite surtout d’un Maroc confronté à des attentes sociales importantes. Emploi, coût de la vie, santé, éducation et pouvoir d’achat figurent parmi les préoccupations qui ont marqué la campagne électorale et les mobilisations d’une partie de la jeunesse.
Le niveau de participation constitue également un avertissement : environ 38 % des électeurs inscrits ont voté lors des législatives. Cette abstention élevée relativise l’enthousiasme suscité par le changement politique et rappelle la distance qui subsiste entre une partie de la population et les institutions.
Le défi d’El Mansouri sera donc double : incarner une avancée historique pour la représentation des femmes tout en démontrant que cette rupture peut se traduire dans la vie quotidienne.
Après le plafond de verre
La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri restera, quoi qu’il arrive, une date importante dans l’histoire institutionnelle marocaine. Mais une première historique ne constitue pas, à elle seule, un programme de gouvernement.
Après le plafond de verre vient donc l’épreuve du pouvoir : former une majorité, gouverner et répondre aux attentes d’une société qui demandera rapidement des résultats au-delà du symbole.
La Rédaction
Sources : Cabinet royal du Maroc ; ministère marocain de l’Intérieur ; Reuters ; Associated Press, septembre 2026.

