Manchester United, autrefois terreur de l’Europe, sombre aujourd’hui dans une crise d’une rare intensité. Alors que le club stagne dans la deuxième moitié de tableau en Premier League, les méthodes de gestion de Jim Ratcliffe oscillent entre austérité brutale et dépenses absurdes. Un contraste qui exaspère aussi bien les supporters que les salariés du club.
Des économies sur tout… sauf sur l’essentiel ?
En prenant le contrôle du club il y a un an, Jim Ratcliffe promettait un nouveau départ. Mais son approche financière laisse perplexe. D’un côté, il impose une cure d’austérité brutale : suppression de 250 postes, réduction des portions à la cantine, suppression des primes d’ancienneté et retrait des cartes bancaires des employés. Désormais, ces derniers doivent avancer eux-mêmes leurs frais professionnels.
D’un autre côté, le club continue de dépenser sans compter. Le projet de rénovation ou de reconstruction d’Old Trafford, qui pourrait coûter plusieurs centaines de millions, avance. L’été dernier, Manchester United a encore déboursé plus de 200 millions d’euros en transferts, avant de licencier Erik Ten Hag et son staff pour 17,5 millions trois mois plus tard. Un paradoxe financier qui attise la colère en interne.
Un recrutement déconnecté de la réalité
La politique sportive du club est tout aussi incohérente. L’“United Tax”, cette inflation des prix imposée aux Red Devils, illustre le fiasco du recrutement. Antony en est l’exemple parfait : acheté 95 millions d’euros à l’Ajax alors qu’il était estimé à 35 millions, il a été prêté au Betis Séville après des performances catastrophiques.
Raphaël Varane, ancien cadre du vestiaire, décrivait récemment un manque total de structure dans la gestion du club. “On ne savait même pas qui prenait les décisions”, confiait-il à The Athletic. Cette confusion se reflète sur le terrain, où Manchester United n’a pris que 10 points sur ses 10 derniers matchs de Premier League, à peine mieux qu’Ipswich, premier relégable.
Un club en perte d’âme
Plus qu’une crise sportive ou financière, c’est l’identité même de Manchester United qui semble s’effondrer. The Telegraph rapporte que plusieurs employés se sentent dépossédés du club, regrettant une époque où United était une famille avant d’être une multinationale.
Le choc face à Everton ce week-end prend ainsi des allures de test crucial. Si une relégation semble encore lointaine, le club n’a jamais été aussi fragile. La question n’est plus seulement de savoir si Manchester United peut retrouver les sommets, mais s’il peut éviter de s’effondrer complètement.
La Rédaction

