Avec près de 5 400 camions-citernes réceptionnés depuis septembre, le Mali intensifie ses efforts pour sécuriser son approvisionnement en hydrocarbures. L’arrivée d’un nouveau convoi de 957 véhicules confirme cette mobilisation, mais la régularité de la distribution demeure un enjeu majeur.
Au Mali, l’approvisionnement en carburant repose désormais sur une organisation logistique étroitement surveillée. Face aux difficultés sécuritaires qui affectent certains axes routiers, les autorités multiplient les convois escortés pour maintenir l’acheminement des hydrocarbures vers Bamako, principal centre de consommation du pays.
Le samedi 10 octobre, un convoi de 957 camions-citernes a rejoint la capitale sous escorte des Forces armées maliennes (FAMa). Selon la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC), cette livraison porte à 5 396 le nombre de citernes réceptionnées depuis septembre. Une progression significative qui illustre les efforts déployés pour préserver les circuits d’approvisionnement.
Un rythme de livraison en nette progression
Durant le mois de septembre, cinq convois totalisant 3 796 camions-citernes avaient atteint Bamako. Deux nouvelles arrivées ont suivi en octobre : 643 véhicules le 3 octobre, puis 957 une semaine plus tard. Ce dernier convoi représente près de 60 % des citernes acheminées vers la capitale depuis le début du mois.
À leur arrivée, les cargaisons sont prises en charge par les services des douanes, du commerce et de la police avant leur orientation vers les dépôts pétroliers et les circuits de distribution. Cette coordination vise à accélérer les opérations de réception et à limiter les perturbations du marché.
Toutefois, le nombre de citernes ne renseigne pas directement sur les volumes effectivement disponibles. La situation dépend également des quantités transportées, des capacités de stockage et du rythme de réapprovisionnement des stations-service.
La sécurisation des corridors, une priorité nationale
Dépourvu d’accès à la mer, le Mali importe l’essentiel de ses hydrocarbures par voie terrestre, notamment depuis les ports de Dakar, Abidjan, Conakry et Lomé. Cette dépendance rend son économie particulièrement sensible aux perturbations des corridors commerciaux.
Les incidents sécuritaires enregistrés sur certains itinéraires ont conduit les autorités à renforcer la protection militaire des convois. L’objectif est de garantir la continuité des livraisons malgré les risques auxquels sont exposés les transporteurs.
La circulation régulière des camions constitue ainsi un enjeu économique majeur. Le carburant alimente les transports, les activités industrielles, les services publics et une partie des installations de production électrique.
Le véritable enjeu se joue après Bamako
Si les arrivées massives permettent de renforcer l’approvisionnement de la capitale, leur impact dépend désormais de la capacité à desservir régulièrement les autres régions. Les produits pétroliers doivent poursuivre leur acheminement vers les centres de consommation, parfois situés à plusieurs centaines de kilomètres.
Cette seconde étape demeure essentielle pour éviter que les progrès enregistrés à Bamako ne masquent des difficultés persistantes ailleurs dans le pays. La disponibilité du carburant doit pouvoir se traduire concrètement dans les stations-service et les activités économiques.
Avec 5 396 citernes réceptionnées en un peu plus d’un mois, le Mali affiche une mobilisation logistique importante. Mais au-delà des chiffres, la réussite de cette stratégie dépendra de la sécurisation durable des corridors et de la régularité des livraisons jusqu’aux consommateurs.
La Rédaction

