Le Mali a connu une remarquable augmentation de sa production cotonnière, atteignant 690 000 tonnes, soit une hausse de 77 % par rapport à la campagne précédente. Cette performance exceptionnelle est le fruit de plusieurs facteurs, dont l’implication active du président de la République, qui a mis en place des mesures de soutien importantes aux producteurs. La principale contribution à cette dynamique réside dans l’augmentation du prix du coton à 295 FCFA/kg, la subvention des engrais à 14 000 FCFA le sac de 50 kg et l’annulation des dettes liées aux ravages des jassides en 2022, pour un montant avoisinant les 10 milliards de FCFA.
En 2022, une invasion de jassides avait affecté la majorité des pays producteurs de coton en Afrique de l’Ouest, provoquant une chute de la production de 30 à 50 %, le Mali ne produisant alors que 390 000 tonnes. Cette année, la situation a radicalement changé grâce aux décisions stratégiques prises par l’État. L’annulation des crédits contractés par les producteurs a joué un rôle crucial dans le maintien de l’activité cotonnière, notamment en raison des difficultés financières rencontrées par de nombreux cultivateurs. L’Institut de recherche sur le coton a d’ailleurs souligné que des subventions étaient nécessaires pour maintenir les producteurs dans cette filière.
Le gouvernement malien, en collaboration avec la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT), a mis en place une stratégie de soutien renforcée. Elle se base sur dix axes prioritaires, touchant des domaines essentiels tels que l’approvisionnement en intrants, la fertilisation des sols, la gestion des grandes exploitations et la lutte contre les ravageurs. La production cotonnière est réalisée par 212 546 petites exploitations familiales, qui cultivent en moyenne 10 hectares, dont 3 réservés à cette culture.
Cependant, malgré cette forte production, des défis subsistent. Selon l’économiste Modibo Mao Macalou, ancien responsable des politiques de développement au Mali, les retombées de cette culture ne profitent pas suffisamment aux producteurs. Il soulève la question de la gouvernance et des subventions, soulignant la nécessité de renforcer la coopération entre les cotonculteurs et l’État pour améliorer les conditions de vie des producteurs et garantir une meilleure répartition des revenus issus de cette activité.
Sur la scène internationale, le coton continue de jouer un rôle crucial. La production mondiale s’élève à environ 25 millions de tonnes par an, avec une valeur estimée à plus de 40 milliards de dollars en 2022. Les perspectives sont optimistes, avec une prévision de croissance à 28,1 millions de tonnes d’ici 2032, selon l’OCDE et la FAO. Le Mali, avec sa production record, retrouve ainsi sa place de leader sur le continent africain, devant le Bénin, et renforce sa position sur le marché mondial du coton.
La Rédaction

