Depuis la récente résolution du Conseil de sécurité de l’ONU validant le plan d’autonomie du Maroc pour le Sahara occidental, des négociations soutenues par les États-Unis ouvrent la voie à une réconciliation entre le Maroc et l’Algérie. Cet accord potentiel dépasse le cadre territorial et pourrait transformer la coopération régionale en matière d’énergie, de sécurité et de migration, tout en renforçant la stabilité de l’Afrique du Nord.
Une fenêtre stratégique pour le Maghreb
Le 31 octobre 2025, l’ONU a reconnu le plan d’autonomie marocain comme base pour résoudre le différend du Sahara occidental. Dans ce contexte, les envoyés spéciaux américains, Steve Witkoff et Massad Boulos, ont travaillé à l’élaboration d’un cadre de paix bilatéral, avec pour objectif d’obtenir des résultats dans les 60 jours.
Pour la chercheuse Intissar Fakir du Middle East Institute, un accord négocié par les États-Unis ne se limiterait pas au Sahara. Il pourrait renforcer la coopération économique et sécuritaire, coordonner la lutte antiterroriste au Sahel et créer des partenariats énergétiques stratégiques pour l’Europe.
Maroc et Algérie : visions contrastées
La rivalité entre les deux voisins est enracinée dans leurs identités post-coloniales. Le Maroc est une monarchie orientée vers le marché et pro-occidentale, tandis que l’Algérie maintient un modèle centré sur l’État et la souveraineté nationale. Le conflit du Sahara occidental illustre une compétition plus large pour le leadership régional.
Rabat, désormais reconnu pour son plan d’autonomie de 2007, développe des projets comme le gazoduc Maroc-Nigeria et des partenariats transatlantiques. Alger, acteur historique de la sécurité au Sahel et fournisseur majeur de gaz pour l’Europe, fait face à un isolement croissant et à des défis économiques.
Les leviers d’un accord durable
Selon Fakir, l’Algérie pourrait voir dans ce dialogue une opportunité pragmatique de protéger ses intérêts et de moderniser son économie. Un accord combinant coopération énergétique, réforme économique et solution diplomatique pour le Sahara pourrait transformer l’Algérie d’« acteur perturbateur » en partenaire régional fiable.
Les axes essentiels incluent :
• Désescalade et confiance mutuelle : engagement du cessez-le-feu du Polisario et dialogue ouvert entre Rabat et Alger.
• Intégration régionale : mécanismes conjoints contre le terrorisme, gestion coordonnée des migrations et partenariats énergétiques.
• Mécanisme multilatéral pour le Sahel : impliquant États-Unis, UE, Maroc et Algérie, pour donner à Alger un rôle de leader tout en offrant au Maroc une visibilité stratégique.
• Gestion collective des migrations : partage d’informations et coopération renforcée avec l’UE pour réduire les tensions politiques et humanitaires.
Un Maghreb plus stable et intégré
Si les négociations aboutissent, cet accord pourrait représenter un tournant stratégique pour l’Afrique du Nord, en consolidant la sécurité régionale, en stimulant l’investissement étranger et en limitant l’influence russe et chinoise. La coopération maroco-algérienne ouvrirait ainsi la voie à un Maghreb plus intégré et dynamique, capable de jouer un rôle central dans les relations entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne.
La Rédaction

