La possibilité d’acheter son trajet par téléphone n’est que la partie visible du chantier. Avant d’étendre le paiement numérique à ses quelque 26 000 passagers quotidiens, la SOTRAL doit harmoniser ses tarifs et définir un modèle suffisamment simple pour fonctionner sur l’ensemble du réseau.
À première vue, le projet consiste à remplacer une transaction en espèces par quelques manipulations sur téléphone. En réalité, il oblige à revoir ce qui se trouve derrière le ticket : les règles tarifaires, l’enregistrement du paiement et la manière dont l’opérateur organise la relation avec ses voyageurs.
Selon le rapport de mise en œuvre des réformes au premier semestre 2026, le ministère chargé des Transports prépare l’extension du dispositif à l’ensemble du réseau d’ici à la fin de l’année.
Simplifier avant de numériser
L’uniformisation des tarifs constitue l’une des étapes centrales. Un système numérique fonctionne d’autant mieux que le prix du trajet est lisible et prévisible. Si la tarification reste trop complexe, la dématérialisation risque simplement de déplacer la difficulté vers la plateforme.
Des scénarios tarifaires sont donc à l’étude avant arbitrage. L’expérimentation menée sur les lignes desservant l’Université de Lomé sert, elle, de test avant un déploiement beaucoup plus large.
La solution envisagée repose notamment sur un code USSD développé avec Yas Togo. Ce choix permet de ne pas limiter l’usage aux seuls détenteurs de smartphones.
Un ticket qui devient aussi une donnée
Pour la SOTRAL, qui assure environ 500 courses et transporte près de 26 000 voyageurs par jour, la réforme peut aussi améliorer la traçabilité des recettes et fournir une meilleure lecture des usages du réseau.
Ces informations pourraient, à terme, aider à identifier les lignes les plus sollicitées ou les périodes de forte fréquentation. Le ticket ne serait donc plus seulement une preuve de paiement, mais aussi un outil de connaissance du transport urbain.
La digitalisation complète ainsi le programme de renouvellement du parc automobile lancé en 2022 pour plus de 15 milliards de FCFA.
Le véritable test ne sera donc pas de savoir si un ticket peut être acheté sur téléphone, mais si la réforme rend le transport plus simple, plus lisible et plus accessible au quotidien. À Lomé, la modernisation du bus commence aussi par la manière de payer son trajet.
La Rédaction

