Au-delà du formalisme diplomatique, le nouveau mémorandum d’entente sur les consultations politiques entre le Togo et Israël ouvre une nouvelle séquence dans une relation vieille de plus de six décennies. Entre dialogue politique renforcé, transfert de compétences et coopération dans les secteurs d’avenir, Lomé et Jérusalem cherchent à donner une nouvelle profondeur stratégique à leur partenariat.
À l’heure où les équilibres internationaux connaissent de profondes recompositions, les relations historiques doivent se réinventer pour conserver leur pertinence. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le nouvel instrument diplomatique conclu entre le Togo et l’État d’Israël, destiné à structurer davantage leurs échanges politiques et à ouvrir de nouvelles perspectives de coopération.
Signé à Lomé le 6 juillet 2026 par Afo Salifou, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, et Simon Seroussi, ambassadeur d’Israël au Togo, ce mémorandum d’entente établit un cadre régulier de consultations entre les deux pays.
Un dialogue politique appelé à changer de dimension
Jusqu’ici fondée sur une coopération bilatérale active dans plusieurs domaines, la relation entre Lomé et Jérusalem dispose désormais d’un mécanisme destiné à renforcer la concertation stratégique. Les consultations régulières prévues par l’accord permettront aux deux parties d’échanger sur les grandes évolutions internationales, de partager leurs analyses et d’identifier des pistes communes d’action.
Dans un environnement marqué par les défis sécuritaires, les mutations économiques, les enjeux climatiques et l’accélération technologique, la diplomatie ne se limite plus aux échanges institutionnels classiques. Elle devient un outil d’anticipation et de construction de partenariats capables de répondre aux transformations profondes du monde contemporain.
Pour le Togo, cette évolution s’inscrit dans une approche diplomatique fondée sur la diversification des partenariats et la recherche d’expertises susceptibles d’accompagner ses priorités nationales.
Innovation, agriculture et numérique : les nouveaux champs de coopération
Le nouvel accord ouvre également des perspectives dans plusieurs secteurs stratégiques où Israël dispose d’une expertise reconnue. La gestion durable de l’eau, l’agriculture moderne, l’innovation technologique ou encore la cybersécurité figurent parmi les domaines susceptibles de bénéficier d’une coopération renforcée.
Dans le secteur agricole notamment, l’expérience israélienne en matière d’irrigation, d’optimisation des ressources hydriques et de technologies adaptées aux contraintes climatiques représente un axe potentiel de collaboration pour accompagner les ambitions togolaises en matière de résilience alimentaire.
La dimension numérique constitue également un nouveau terrain d’approfondissement. À mesure que les économies africaines accélèrent leur transformation digitale, la protection des infrastructures, la sécurisation des données et le développement des compétences technologiques deviennent des enjeux majeurs de souveraineté.
MASHAV, une coopération construite sur le capital humain
Cette nouvelle étape ne part pas d’une page blanche. Elle s’appuie sur plusieurs décennies d’échanges, notamment à travers l’action de la MASHAV, l’Agence israélienne de coopération internationale au développement.
Au fil des années, ce dispositif a contribué au renforcement des compétences togolaises grâce à des programmes de formation destinés aux cadres, aux professionnels et aux étudiants. Agriculture, santé, développement rural ou encore renforcement des capacités institutionnelles ont constitué des domaines majeurs de cette coopération.
Cette dimension humaine constitue l’un des fondements de la relation entre les deux pays : au-delà des accords institutionnels, elle repose sur la circulation des savoirs et la création de réseaux professionnels durables.
Une relation née aux premières heures de l’indépendance togolaise
L’histoire diplomatique entre Lomé et Jérusalem remonte à septembre 1960, quelques mois seulement après l’accession du Togo à l’indépendance. Plus de soixante ans après l’établissement officiel de leurs relations, les deux pays cherchent aujourd’hui à adapter leur partenariat aux nouveaux défis internationaux.
Le mémorandum sur les consultations politiques traduit ainsi une volonté de faire évoluer une relation ancienne vers un cadre plus structuré, où la coopération ne repose plus uniquement sur les acquis du passé, mais sur la capacité à construire des réponses communes aux enjeux du présent et de l’avenir.
La Rédaction

