Le front de mer de Lomé entre dans une phase de transformation concrète. Après une longue séquence de discussions et de délais accordés aux occupants, la volonté des pouvoirs publics de reprendre le contrôle des emprises maritimes commence à produire ses premiers effets visibles. Des installations disparaissent, annonçant une recomposition progressive d’espaces longtemps occupés par des activités privées.
Cette évolution est notamment perceptible aux abords de l’ancien Hôtel Palm Beach. Kuegah Kouami Folly, dit Prince Lorenzo, ancien champion du monde des super-légers GBC, a entrepris le démontage de l’établissement qu’il exploitait sur cette portion du littoral.
Son cas dépasse toutefois le devenir d’un bar de plage. Il illustre le moment charnière auquel sont désormais confrontés plusieurs exploitants : organiser eux-mêmes leur retrait ou attendre l’expiration du dernier délai accordé pour la restitution des emprises.
Une occupation ancienne désormais remise en cause
Au fil des années, restaurants, bars et autres installations commerciales ont progressivement investi certaines portions du bord de mer. Cette présence a contribué à l’animation du littoral, mais elle a aussi installé des usages privés sur des espaces relevant du domaine public.
La reprise en main engagée par les autorités remet aujourd’hui cet équilibre en question. Plusieurs échéances ont précédé la phase actuelle, laissant aux exploitants concernés le temps d’adapter leur situation. À l’approche de la fin du calendrier accordé, le dossier quitte progressivement le terrain administratif pour devenir une réalité physique.
Le démontage observé à Lomé en constitue l’une des premières manifestations.
Après les installations, quel littoral ?
La libération des emprises pose toutefois une question qui dépasse l’enlèvement des constructions : quelle vocation donner aux espaces récupérés ?
Le front de mer concentre plusieurs enjeux à la fois. Il constitue un espace de loisirs et d’activités économiques, mais également un patrimoine collectif soumis à de fortes contraintes environnementales et à des projets d’aménagement.
La portée de l’opération dépendra donc aussi de l’usage futur des zones libérées : accessibilité du public, protection de la côte, nouveaux aménagements ou encadrement plus strict des activités commerciales.
À ce titre, le mouvement qui commence à apparaître autour de certains établissements pourrait annoncer une transformation plus profonde du paysage côtier de la capitale.
L’enjeu ne se limite donc plus au départ des occupants concernés. Une fois les installations retirées, commencera une autre étape, probablement plus déterminante : décider de la place que le domaine public maritime doit retrouver dans la ville et de la manière dont les Loméens pourront demain se réapproprier leur littoral.
La Rédaction

