Une stabilité toujours fragile sous surveillance internationale
Dans un nouveau rapport présenté au Conseil de sécurité, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, met en garde contre la fragilité persistante de la situation en Libye. Il appelle les acteurs politiques et sécuritaires à éviter toute initiative unilatérale susceptible d’aggraver les tensions dans un pays toujours marqué par des divisions institutionnelles profondes.
L’ONU insiste sur la nécessité de soutenir les efforts de médiation en cours, notamment ceux portés par la mission onusienne et son envoyée spéciale Hanna Tetteh, dans le cadre d’une feuille de route politique encore incomplète.
Appel à une coordination politique et sécuritaire renforcée
Le rapport souligne que l’absence d’avancées coordonnées sur les plans politique et sécuritaire continue de bloquer le processus de stabilisation. Selon António Guterres, ces blocages entretiennent un climat d’incertitude qui fragilise les institutions et ralentit toute perspective de sortie de crise durable.
L’ONU appelle ainsi les États membres à renforcer leur soutien aux mécanismes de médiation, afin d’éviter une aggravation des déséquilibres internes.
L’embargo sur les armes toujours largement contourné
L’un des points les plus préoccupants du rapport concerne les violations répétées de l’embargo international sur les armes. Malgré les dispositifs en place, la circulation d’équipements militaires se poursuit, alimentant les capacités de groupes armés non étatiques.
Pour l’ONU, cette situation contribue directement à maintenir un niveau élevé d’instabilité et à prolonger les dynamiques de fragmentation sécuritaire sur le territoire libyen, avec des répercussions potentielles au-delà des frontières du pays.
Le pétrole, entre ressource stratégique et économie parallèle
Le document attire également l’attention sur les dérives observées dans le secteur pétrolier. Des opérations en dehors des circuits officiels continueraient d’exister, fragilisant la transparence des revenus issus des hydrocarbures.
Le secrétaire général rappelle que la gestion de ces ressources doit rester centralisée sous l’autorité de la Compagnie nationale de pétrole, dans un contexte où l’absence de cadre financier unifié complique la traçabilité et la gouvernance économique.
Risque de captation des ressources par des acteurs armés
Autre point d’alerte : la possibilité que des ressources naturelles soient utilisées pour financer des groupes armés. L’ONU considère ce risque comme un facteur aggravant de l’instabilité, susceptible de prolonger les logiques de conflit.
Dans ce cadre, le rapport recommande également un audit approfondi des actifs de l’Autorité libyenne d’investissement, afin de clarifier leur valeur et de renforcer les mécanismes de contrôle. Pour l’organisation, une meilleure transparence financière reste une condition essentielle à toute normalisation durable en Libye.
La Rédaction

