Les États-Unis envisagent d’expulser un groupe de migrants en situation irrégulière vers la Libye dès cette semaine, selon deux responsables américains informés du dossier. Un avion militaire américain devrait assurer le transport. Le Département de la Sécurité intérieure n’a pas fourni de détails, et le Département d’État a déclaré qu’il ne commentait pas « les détails de nos communications diplomatiques avec d’autres gouvernements ».
En réponse, le gouvernement d’union nationale libyen, autorité provisoire basée à Tripoli, a catégoriquement nié toute coordination avec les États-Unis. Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, il a rejeté toute tentative d’utiliser le territoire libyen pour accueillir des migrants expulsés sans son consentement.
« Le gouvernement dément catégoriquement l’existence d’un quelconque accord ou d’une coordination concernant l’accueil de migrants expulsés par les États-Unis », a précisé Tripoli, suggérant par ailleurs que « certaines parties parallèles sans légitimité » pourraient être impliquées dans l’opération.
Dans l’Est du pays, l’Armée nationale libyenne dirigée par le maréchal Khalifa Haftar a également exprimé son refus d’accueillir des migrants expulsés, invoquant une atteinte à la « souveraineté nationale ».
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large annoncée par le secrétaire d’État Marco Rubio. Lors d’une réunion ministérielle le mois dernier, il a déclaré que les États-Unis cherchaient activement des pays tiers pour relocaliser certains migrants.
« Nous travaillons avec d’autres pays en leur disant : “Nous voulons vous envoyer certaines des personnes les plus méprisables. Feriez-vous cela pour nous ?” Et plus ils sont loin, mieux c’est, pour qu’ils ne puissent pas revenir. »
Les États-Unis disposent déjà d’accords avec plusieurs pays d’Amérique centrale. En début d’année, l’administration Trump a conclu un accord de 6 millions de dollars avec le Salvador pour y incarcérer certains expulsés soupçonnés d’appartenir au gang vénézuélien Tren de Aragua ou au MS-13, deux organisations désignées comme terroristes par Washington.
Par ailleurs, des pays comme le Costa Rica ont accepté de jouer un rôle d’intermédiaire. En février, le président costaricien Rodrigo Chaves a déclaré :
« Nous aidons notre frère du Nord, économiquement puissant. S’ils imposent une taxe dans nos zones franches, ce sera la catastrophe. Deux cents viendront, on les traite bien et ils partiront. »
Cette tentative d’expulsion vers la Libye suscite cependant une controverse diplomatique, d’autant plus que ni le gouvernement libyen reconnu ni les autorités de l’Est ne reconnaissent la légitimité d’un tel accord.
La Rédaction

