On sort tout juste de la COP 29 à Bakou, et voilà qu’on entend parler de la COP 16 à Riyad. Deux conférences, deux sujets différents, mais un même sentiment : celui d’une confusion grandissante pour le grand public. À force d’empiler les numéros et de multiplier les réunions internationales, les COP – ces Conférences des Parties – semblent avoir perdu en clarté ce qu’elles promettent en ambitions. Pourtant, derrière ce sigle se cachent des enjeux cruciaux pour l’avenir de l’humanité. Alors, démêlons le fil pour comprendre une bonne fois pour toutes ce que sont ces COP et pourquoi elles comptent, même si leurs retombées semblent encore bien lointaines pour les peuples.
L’origine des COP : Des sommets pour sauver la planète
Les COP trouvent leur origine dans les grandes conventions internationales adoptées lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992 :
1.La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), visant à lutter contre le réchauffement climatique.
2.La Convention sur la diversité biologique (CDB), pour préserver la biodiversité.
3.La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULD), axée sur la gestion des terres arides.
Chaque convention organise ses propres COP, soit Conférences des Parties, où les États signataires (les « parties ») se réunissent pour évaluer les progrès et négocier de nouveaux engagements. Ainsi, on a :
•Les COP sur le climat, qui en sont aujourd’hui à leur 29e édition.
•Les COP sur la biodiversité, actuellement à leur 16e édition.
•Les COP sur la désertification, qui ont lieu tous les deux ans (parfois éclipsées par les deux précédentes).
En théorie, ces sommets sont des moments clés pour faire avancer les solutions face aux crises environnementales. Mais en pratique, leur prolifération et leur complexité ont souvent brouillé leur message auprès du grand public.
Les COP sur le climat : Des promesses historiques, des attentes déçues
Les COP climatiques ont vu le jour en 1995 avec la COP 1 à Berlin. Depuis, elles sont organisées chaque année et ont accouché de quelques avancées majeures :
•Le Protocole de Kyoto (1997) : Premier traité contraignant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, bien que limité aux pays développés.
•L’Accord de Paris (2015) : Engagement universel à limiter le réchauffement à 2°C, voire 1,5°C.
Ces succès, cependant, peinent à masquer des résultats concrets insuffisants. Les émissions mondiales continuent d’augmenter, et les promesses climatiques faites lors des COP tardent à se traduire en actions nationales ambitieuses.
Les COP sur la biodiversité : Un combat souvent oublié
Moins médiatisées que leurs cousines climatiques, les COP sur la biodiversité ont pourtant une importance capitale. Elles cherchent à enrayer l’effondrement des écosystèmes, vital pour la survie humaine. La COP 16, prévue à Riyad, devra notamment répondre au défi de la mise en œuvre du Cadre mondial pour la biodiversité post-2020, adopté lors de la COP 15 à Montréal.
Pourquoi tant de confusion ?
Si les COP sont cruciales, leur enchaînement rapide et leur terminologie technique les rendent opaques pour le public. Les numéros différents, liés à des conventions distinctes, amplifient cette incompréhension. De plus, les décalages entre les annonces faites lors de ces sommets et leur impact réel alimentent une certaine défiance.
Et les peuples dans tout ça ?
La question demeure : les populations voient-elles les bénéfices de ces COP ? Pour beaucoup, la réponse est non. Alors que les dirigeants parlent de milliards de dollars mobilisés, les communautés locales, en première ligne des crises climatiques et écologiques, continuent de subir les sécheresses, les inondations, ou la perte de leurs moyens de subsistance.
Un espoir à réinventer
Malgré leurs limites, les COP restent des espaces essentiels pour coordonner l’action internationale. Leur avenir dépendra de leur capacité à :
•Produire des résultats tangibles visibles au niveau local.
•Simplifier leur fonctionnement et mieux communiquer leurs objectifs.
•Accélérer la mise en œuvre des engagements pris.
En attendant, une chose est sûre : si les COP veulent redevenir des symboles d’espoir, elles doivent prouver qu’elles peuvent transformer les mots en actes et que leurs retombées touchent véritablement les populations. Les peuples du monde n’ont plus de temps à perdre.
La Rédaction

