Des rapports récents ont fait état de démissions au sein des forces de police kényanes déployées en Haïti, en raison de retards de paiement, de mauvaises conditions de travail et du manque d’équipement. Ces informations, relayées par Reuters, ont été catégoriquement démenties par les autorités kényanes. Le commandant de la Force multinationale de soutien à la sécurité (MSS), Godfrey Otunge, a assuré que tous les policiers avaient été rémunérés, y compris les indemnités mensuelles, et a nié toute démission parmi les officiers. Selon lui, les rapports étaient « inexactes, malveillantes et trompeuses ».
Le général Douglas Kanja, inspecteur général de la police kényane, a également défendu la situation des policiers, soulignant que les forces en Haïti se portaient bien et que la situation sécuritaire dans le pays s’améliorait. Le commandant Otunge a également répondu aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux concernant des tensions entre les policiers kenyans et haïtiens dans la lutte contre les gangs armés, appelant à ne pas se laisser manipuler par de fausses informations.
Malgré ces démentis, la violence des gangs à Port-au-Prince persiste, avec des rapports faisant état de nombreuses victimes, y compris durant les derniers affrontements où des gangs ont tué au moins 184 personnes. La mission internationale dirigée par le Kenya n’a pas suffi à endiguer la violence, alors qu’environ 85 % de la capitale haïtienne est désormais contrôlée par ces groupes criminels.
Depuis juin 2024, le Kenya a envoyé 400 policiers pour appuyer les forces de maintien de la paix en Haïti, avec la promesse d’envoyer 600 policiers supplémentaires. Cependant, ces renforts n’ont pas pu être déployés comme prévu en raison de contraintes financières et logistiques. Le gouvernement kényan a dépensé plus de 16 millions de dollars pour soutenir la mission, bien que des préoccupations aient été soulevées concernant le remboursement de ces fonds par l’ONU.
Des analystes, comme Suba Churchill du Centre national de la société civile, ont exprimé des inquiétudes sur les conditions de travail des policiers et sur l’absence de rémunération adéquate. Selon lui, le gouvernement kenyan doit faire face à une pression croissante pour honorer ses engagements financiers envers les policiers déployés à l’étranger. D’autres experts estiment que la mission pourrait échouer si ces problèmes financiers ne sont pas résolus, notamment en raison de l’impact de la politique américaine sur les fonds alloués à la mission.
Pour que la mission en Haïti réussisse à long terme, il est essentiel qu’elle devienne une force de maintien de la paix sous l’égide des Nations Unies, selon les analystes, afin d’assurer un soutien international stable et durable.
La Rédaction

