Depuis avril 2023, le Soudan est ravagé par une guerre civile qui oppose l’armée régulière aux paramilitaires des Forces de soutien rapide. Un conflit qui ne se limite pas aux armes à feu : la violence sexuelle est devenue une tactique systématique pour terroriser les populations, dénoncent les organisations humanitaires.
Une crise aux proportions effroyables
Selon l’agence des Nations Unies pour la santé reproductive (UNFPA), plus de 12 millions de femmes et de filles, ainsi qu’un nombre croissant d’hommes et de garçons, sont en danger face à ces exactions. L’UNICEF rapporte une hausse alarmante de 80 % des signalements de violences sexuelles par rapport à l’année précédente.
Layla, dont le nom a été modifié pour préserver son anonymat, a vécu cette horreur en décembre 2024. Alors qu’elle se trouvait chez elle à Khartoum avec ses enfants, des hommes armés ont fait irruption. « Ils ont arrêté mon fils et m’ont emmenée de force », raconte-t-elle. Détenue pendant près de trois semaines, elle a été témoin d’atrocités : « Dès que les officiers s’en allaient, les soldats s’en prenaient aux prisonnières. Nous entendions les cris des filles et des femmes toute la nuit. »
Des infrastructures de santé anéanties
Avec près de 13 millions de déplacés et un système de santé en ruines, les victimes de ces violences ont un accès de plus en plus limité aux soins. L’UNFPA tente d’apporter une aide d’urgence à travers des équipes mobiles et des établissements médicaux, mais le pillage des infrastructures et le manque de financements compromettent ces efforts.
L’agence onusienne a lancé un appel de fonds de 119,6 millions de dollars, alors que les coupes budgétaires, notamment celles des États-Unis, menacent des services essentiels pour des centaines de milliers de femmes et de filles.
La guerre au Soudan ne se joue pas uniquement sur les champs de bataille. Elle s’infiltre jusque dans l’intimité des foyers, brisant des vies par la terreur et le silence.
La Rédaction

