Au Tour de Londres, les corbeaux ne sont pas considérés comme de simples oiseaux. Depuis des siècles, ils occupent une place presque sacrée dans l’imaginaire de la monarchie britannique. Selon une vieille légende remontant au règne de Charles II, si les corbeaux quittent un jour la Tour, la Couronne et le royaume s’effondreront.
Pour éviter ce scénario symbolique, plusieurs corbeaux vivent en permanence dans l’enceinte du monument, sous la surveillance d’un gardien officiel appelé le “Master of Ravens”.
Mais dans les années 1980, l’un de ces oiseaux a sérieusement mis à mal cette discipline royale.
Un corbeau plus attiré par les pubs que par la monarchie
Le corbeau nommé Grog a progressivement développé un comportement jugé incompatible avec ses obligations symboliques. Au lieu de rester dans l’enceinte de la Tour de Londres, l’oiseau prenait régulièrement la fuite pour passer du temps dans les environs de l’est londonien.
Selon les récits rapportés à l’époque, Grog avait pris l’habitude de fréquenter un pub local où il volait de la nourriture, notamment des frites laissées par les clients.
Ses escapades répétées ont rapidement irrité les responsables chargés des célèbres oiseaux royaux.
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Une véritable “sanction disciplinaire”
Face aux absences répétées du volatile, les autorités de la Tour ont fini par prendre une décision aussi insolite qu’authentique : Grog a été officiellement rayé des effectifs royaux pour “manquement au devoir”.
Dans l’univers très codifié de la Tour de Londres, les corbeaux disposent en effet d’un statut quasi officiel, avec suivi, identification et surveillance permanente.
L’histoire est devenue célèbre au Royaume-Uni précisément parce qu’elle mêle folklore monarchique, bureaucratie britannique et comportement totalement imprévisible d’un animal.
Une tradition toujours prise très au sérieux
Aujourd’hui encore, plusieurs corbeaux résident à la Tour de Londres et bénéficient d’une attention particulière. Leurs ailes sont parfois légèrement taillées afin d’éviter qu’ils ne s’éloignent trop du site.
Derrière cette tradition insolite se cache surtout un puissant symbole historique : celui d’une monarchie attachée à ses rites, même les plus étonnants.
Et dans cette histoire, un simple corbeau amateur de sorties nocturnes aura réussi à devenir l’un des “déserteurs” les plus célèbres du folklore britannique.
La Rédaction

