Pendant près de vingt ans, les habitants de St. Mary’s, un petit village de Terre-Neuve-et-Labrador, dans l’est du Canada, ont vécu avec une odeur insupportable. À l’origine de ce cauchemar olfactif : une usine abandonnée et ses immenses cuves remplies de sauce de poisson en fermentation. Après des années de plaintes et de démarches, un vaste chantier de nettoyage a finalement été engagé à l’été 2026.
Une usine fermée, des odeurs persistantes
Tout commence avec l’Atlantic Seafood Sauce Company, une entreprise installée à St. Mary’s à la fin des années 1980. Lorsque l’usine cesse ses activités dans les années 2000, elle laisse derrière elle 110 cuves pouvant contenir chacune plus de 11 000 litres de sauce de poisson. Les installations ne sont pas vidées. Au fil des années, les résidus continuent de fermenter, libérant des odeurs particulièrement nauséabondes.
Pour les quelque 350 habitants du village, le quotidien devient difficile. Stephen Ryan, le maire, compare cette puanteur à celle d’un poisson extrêmement avarié, multipliée par cent. Une tempête survenue début 2026 endommage une partie du bâtiment, aggravant encore les nuisances.
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Vingt ans pour trouver une solution
Malgré les plaintes répétées, la situation reste longtemps bloquée. L’entreprise a fait faillite et personne ne souhaite reprendre ses installations. Le coût du démantèlement et de l’évacuation des déchets constitue un obstacle majeur. Pendant des années, les habitants doivent ainsi composer avec les conséquences d’une activité industrielle pourtant arrêtée depuis longtemps.
Finalement, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador accepte de financer l’opération de nettoyage, pour un montant d’environ deux millions de dollars canadiens.
Deux cents camions pour évacuer les déchets
Le chantier débute à la fin du mois de juillet 2026. Les équipes doivent traiter près de 900 000 litres de résidus de sauce de poisson. La méthode consiste à ouvrir les cuves, puis à mélanger leur contenu avec de la tourbe afin d’absorber et de solidifier la matière. Les déchets sont ensuite conditionnés dans des contenants étanches avant leur transport vers un site d’enfouissement.
Environ 200 chargements de camion sont prévus pour mener à bien cette opération, dont la durée initialement estimée est de deux à trois mois. Pour les habitants de St. Mary’s, ce chantier représente l’espoir de retrouver enfin un air respirable. Son achèvement complet reste toutefois à confirmer.
Dans ce village canadien, une entreprise fermée depuis près de deux décennies aura donc continué à faire parler d’elle pour une raison inattendue : non pas sa production, mais l’odeur persistante de ce qu’elle avait abandonné.
La Rédaction

