Trois jours après sa prise de fonction à la tête de l’Union africaine (UA), l’Angola se retrouve déjà confronté à des dossiers brûlants, notamment les conflits en République démocratique du Congo (RDC) et au Soudan. Le président angolais João Lourenço, désormais aux commandes de l’organisation continentale, a réaffirmé sa volonté de jouer un rôle actif dans la médiation des crises sécuritaires qui secouent plusieurs régions du continent.
Lors de son discours d’investiture à Addis-Abeba, Lourenço a insisté sur la nécessité d’une approche africaine des conflits et du renforcement du rôle de l’UA dans la résolution des crises. Cependant, la montée des tensions en RDC, avec l’intensification des combats au Sud-Kivu, et l’enlisement de la guerre au Soudan, compliquent les efforts diplomatiques.
Une présidence sous pression
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui s’est entretenu avec le président angolais, a salué l’engagement de l’UA mais a également rappelé l’urgence d’une réforme du Conseil de sécurité pour donner à l’Afrique une voix plus forte dans les décisions internationales. « L’Afrique mérite une représentation équitable au sein du système multilatéral », a-t-il déclaré, réitérant son soutien à une réforme de l’architecture financière mondiale pour corriger les déséquilibres historiques.
En parallèle, la situation sécuritaire dans le Sahel et en Somalie reste une préoccupation majeure, tout comme la guerre à Gaza, qui a été évoquée lors du sommet. João Lourenço devra également gérer ces dossiers tout en veillant à renforcer l’intégration économique du continent, un défi de taille à l’heure où la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) peine à se concrétiser.
Premières réactions et attentes
Si certains analystes saluent l’expérience de médiateur de Lourenço, notamment dans le dossier RDC-Rwanda, d’autres s’interrogent sur la capacité de l’Angola à peser sur la scène continentale. Pour l’instant, le nouveau président de l’UA ne s’est pas encore exprimé sur les mesures concrètes qu’il entend prendre face aux crises en cours.
Dans les prochains jours, les décisions prises par la présidence angolaise donneront le ton de ce mandat qui s’annonce décisif pour l’avenir de l’Union africaine.
La Rédaction

