Depuis le lundi 12 janvier, la Cour internationale de justice (CIJ) à La Haye examine la plainte déposée par la Gambie contre la Birmanie, accusée d’avoir commis un génocide contre la minorité musulmane rohingya en 2017. Pendant ce temps, les Rohingya réfugiés au Bangladesh, à Cox’s Bazar, suivent avec espoir les audiences qui pourraient reconnaître officiellement les crimes et ouvrir la voie à la justice.
En 2017, près d’un million de Rohingya ont fui la Birmanie, victimes de massacres, viols et destructions de villages orchestrés par l’armée et des milices bouddhistes. Janifa Begum, mère de deux enfants vivant dans un camp à Cox’s Bazar, raconte : « Ils ont brûlé nos maisons, tué nos hommes et violé nos femmes. Nous avons tout perdu, même nos terres ont été saisies. »
Les audiences du procès, commencées le 12 janvier, devraient durer 2 à 3 semaines. La CIJ écoutera des témoins et examinera les plaidoiries avant de rendre sa décision finale, attendue le 29 janvier 2026. Entre la fin des audiences et la décision, la Cour prendra le temps de délibérer sur les éléments présentés, garantissant que chaque preuve et témoignage soit analysé avec soin.
Mohammad Sayed Ullah, ancien enseignant et membre du Conseil uni des Rohingya, souligne l’importance symbolique du procès : « Que les coupables soient jugés rapidement et équitablement afin que nous puissions envisager un retour sûr et digne en Birmanie ».
Pour Maung Thein Myint, militant pour les droits des Rohingya, cette reconnaissance constituerait une victoire morale : « Seule une condamnation officielle rendra aux victimes leur dignité et nourrira l’espoir d’un retour en sécurité dans notre pays », insiste-t-il.
À La Haye comme dans les camps bangladais, les Rohingya attendent donc un verdict capable de transformer leur souffrance en reconnaissance et d’ouvrir la voie à un avenir plus juste.
La Rédaction

