La « guerre contre la drogue » aux Philippines passe sous le microscope de la justice internationale. La Cour pénale internationale (CPI) a débuté ce lundi l’examen des charges visant l’ancien président philippin Rodrigo Duterte, pour des crimes contre l’humanité présumés commis entre 2011 et 2019, lorsqu’il était maire de Davao puis chef de l’État. Le bureau du procureur demande sa mise en accusation et son renvoi en procès.
Lors de cette audience, le procureur devra démontrer qu’il dispose d’un dossier solide, reposant sur des documents, expertises et témoignages, pour soutenir trois chefs d’accusation principaux : des crimes contre l’humanité consistant à avoir ordonné, incité, aidé et encouragé des meurtres et tentatives de meurtres dans le cadre de sa politique antidrogue. L’accusation soutient que Duterte aurait instauré une véritable politique criminelle d’État visant aussi bien les trafiquants de drogue que les consommateurs présumés, ce que l’ancien président nie catégoriquement.
L’ex-président, octogénaire, se dit vieux, fatigué et fragile selon ses avocats et ne sera pas présent dans la salle d’audience. Les juges de la CPI, siégeant à La Haye aux Pays-Bas, doivent rendre leur décision dans un délai de 60 jours. Lors de sa première comparution, il y a près d’un an, ses partisans étaient venus en masse, tandis qu’une poignée de victimes alléguées avaient également manifesté leur présence devant la Cour.
Cette étape marque un tournant dans le processus judiciaire international concernant la lutte antidrogue controversée menée aux Philippines sous la présidence de Rodrigo Duterte, qui a provoqué la mort de milliers de personnes et suscité une condamnation mondiale.
La Rédaction

