Le président kényan William Ruto et son ancien rival Raila Odinga ont officialisé un accord de coopération politique vendredi, marquant un tournant dans la gouvernance du pays après une période de crise sociale et économique.
Une alliance née de la contestation
L’année dernière, la popularité de William Ruto a été sévèrement éprouvée par des manifestations massives contre de nouvelles taxes, menées principalement par la jeunesse kényane. Ces protestations, qui ont fait au moins 60 morts selon les organisations de défense des droits humains, ont fragilisé son gouvernement. Face à cette pression, le chef de l’État s’est résolu à former un « gouvernement à large assise », intégrant des figures de l’opposition, dont Raila Odinga.
Un objectif commun : redresser le pays
L’accord signé vendredi vise à renforcer cette coopération et à adresser les défis majeurs du Kenya, notamment la dette croissante et la corruption. Raila Odinga, figure incontournable de la politique kényane et candidat malheureux à cinq reprises à la présidentielle, a souligné que cette entente devait permettre d’apaiser les tensions et de recentrer les priorités du pays. « Nous sommes d’accord pour prendre des mesures visant à réaligner les priorités économiques, sociales et politiques afin de répondre aux attentes de la jeunesse », a-t-il déclaré.
De son côté, William Ruto a salué cette alliance comme « un chemin vers la terre promise où la liberté et les opportunités sont garanties pour tous ». Mais il devra encore convaincre une population jeune et impatiente, dans un pays où 80 % des habitants ont moins de 35 ans.
La Rédaction

