Le 6 août 2026, chercheurs, créateurs, responsables publics et représentants de la société civile se retrouvent à l’Aga Khan University pour l’édition de Nairobi de DataFest Africa. Organisée sous la forme d’un dialogue communautaire, la rencontre veut rapprocher les innovations numériques africaines des populations qu’elles sont censées servir.
Nairobi – À qui appartiennent les données ? Qui décide de la manière dont elles sont collectées, interprétées et utilisées ? Alors que l’intelligence artificielle intervient désormais dans la santé, l’éducation ou la gestion des villes, DataFest Africa veut ramener ces questions dans l’espace public.
L’édition de Nairobi, organisée le 6 août à l’Aga Khan University, porte le thème « Kujenga na Data », que l’on peut traduire par « Bâtir avec les données ». Elle constitue une étape préparatoire au Data Tamasha Africa, prévu du 19 au 21 août à Zanzibar, en Tanzanie.
Un « baraza » plutôt qu’une conférence classique
La rencontre adopte le format du baraza, terme swahili désignant un espace de discussion collective. Contrairement aux conférences technologiques dominées par les experts et les présentations techniques, l’événement entend favoriser des échanges plus horizontaux entre chercheurs, décideurs, artistes, étudiants, professionnels du numérique et membres des communautés.
Les participants seront invités à débattre de la propriété des données, de la place des connaissances locales et de la manière dont les systèmes numériques influencent concrètement la vie des populations.
Montrer les technologies conçues en Afrique
Le programme comprend des dialogues, des interventions courtes et un Tech Garden, espace destiné à présenter des innovations, des récits fondés sur les données et des outils développés sur le continent.
Cette orientation répond à une préoccupation croissante : éviter que l’Afrique demeure uniquement une source de données ou un marché pour des technologies conçues ailleurs. DataFest Africa souhaite au contraire donner une visibilité aux plateformes civiques, aux systèmes d’intelligence artificielle et aux produits numériques créés à partir des besoins et des réalités du continent.
Des choix numériques profondément humains
Derrière les algorithmes se trouvent des décisions qui peuvent déterminer l’accès à un service, orienter une politique publique ou modifier la représentation d’une communauté. L’événement veut donc dépasser la seule performance technique pour interroger l’éthique, l’inclusion et la responsabilité.
Les débats portent notamment sur les voix intégrées dans les systèmes numériques, celles qui en sont absentes et les récits que les données contribuent à produire. La présence d’artistes et de représentants des communautés traduit cette volonté d’élargir la réflexion au-delà des milieux technologiques.
À Nairobi, DataFest Africa rappelle ainsi que la souveraineté numérique ne dépend pas uniquement des infrastructures ou des capacités de stockage. Elle repose aussi sur la possibilité, pour les sociétés africaines, de définir elles-mêmes les outils, les règles et les connaissances à partir desquels leur avenir numérique sera construit.
La Rédaction

