La Somalie a vivement critiqué ce qu’elle considère comme une ingérence éthiopienne dans le Jubaland, une région située au sud du pays. Ce nouvel épisode illustre l’escalade des tensions entre ces deux pays de la Corne de l’Afrique.
Les relations entre la Somalie et l’Éthiopie se sont détériorées depuis qu’Addis-Abeba a signé, en début d’année, un accord controversé avec le Somaliland, une région qui a fait sécession de la Somalie. Cet accord permet à l’Éthiopie, enclavée, de louer un accès côtier pour établir un port et une base militaire, en échange d’une reconnaissance politique du Somaliland.
Dans un communiqué, le ministère somalien de l’Information a accusé vendredi l’Éthiopie d’envoyer des forces armées vers le district de Bulohawo, dans la région de Gedo, avant que celles-ci ne soient repoussées par les habitants et les troupes locales. « Le gouvernement somalien condamne fermement les actions éthiopiennes qui cherchent à semer la division entre les clans de la région », a affirmé le ministère, dénonçant une atteinte à la souveraineté et à l’unité de la Somalie.
Le Jubaland, au cœur des tensions régionales
Le Jubaland, l’un des cinq États fédérés de Somalie, est une région stratégique en proie à des conflits internes. La récente réélection d’Ahmed Madobe à la tête de cet État a exacerbé les tensions avec le gouvernement central somalien, qui souhaitait aligner le scrutin sur les élections nationales prévues en 2025.
Selon Mogadiscio, les agissements d’Addis-Abeba risquent d’aggraver les conflits locaux. Malgré cette situation, la Somalie réaffirme sa volonté d’instaurer une coexistence pacifique avec son voisin.
Appel à la communauté internationale
Face à cette situation, le gouvernement somalien a réitéré son engagement à défendre son indépendance et sa souveraineté. Il exhorte également la communauté internationale à condamner les manœuvres présumées de l’Éthiopie et à soutenir la stabilité dans la région.
La Rédaction

