Le 26 septembre, les Nations unies replacent le désarmement nucléaire au centre de l’attention mondiale. Plus de huit décennies après l’entrée de l’humanité dans l’ère atomique, ces armes continuent de peser sur la sécurité internationale.
Chaque 26 septembre, la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires rappelle un objectif poursuivi par les Nations unies depuis leur création : parvenir à un monde débarrassé de l’arme atomique.
Instituée en 2013 par l’Assemblée générale, cette journée vise à mieux faire connaître les conséquences humanitaires des armes nucléaires et à mobiliser les États autour de leur élimination. Le sujet plonge aux origines mêmes de l’ONU : dès 1946, la toute première résolution de son Assemblée générale portait notamment sur l’élimination des armes atomiques et des autres armes majeures de destruction massive.
Une capacité de destruction sans équivalent
Hiroshima et Nagasaki ont montré en 1945 ce qu’une arme nucléaire pouvait provoquer en quelques instants. À l’explosion et aux destructions immédiates s’ajoutent les brûlures, l’exposition aux rayonnements ionisants et des conséquences sanitaires et environnementales susceptibles de persister durant des décennies.
Le danger ne réside pas uniquement dans une utilisation volontaire. Une erreur d’appréciation, une escalade militaire ou un incident impliquant des systèmes nucléaires suffiraient à faire basculer une crise dans une dimension difficilement maîtrisable.
C’est précisément pour cette raison que l’ONU considère le désarmement nucléaire comme sa plus haute priorité en matière de désarmement. La réduction du nombre d’armes depuis les sommets atteints pendant la guerre froide n’a pas supprimé le risque : les arsenaux subsistent et la dissuasion nucléaire reste intégrée aux doctrines de sécurité de plusieurs puissances.
Interdire pour parvenir à éliminer
Plusieurs instruments internationaux encadrent aujourd’hui la question nucléaire. Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), entré en vigueur en 1970, constitue depuis plusieurs décennies l’un des piliers du système international de non-prolifération.
Une nouvelle étape a été franchie avec l’adoption, en 2017, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Entré en vigueur le 22 janvier 2021, il interdit notamment à ses États parties de développer, tester, produire, acquérir, posséder ou utiliser des armes nucléaires.
En septembre 2026, le traité compte 95 États signataires et 75 États parties. Sa progression traduit l’adhésion d’une partie importante de la communauté internationale à une approche fondée sur l’interdiction complète de ces armes.
Mais les principales puissances nucléaires ne sont pas parties au traité. C’est là que se situe l’une des difficultés majeures du désarmement : transformer une norme internationale grandissante en élimination effective des arsenaux.
Au Togo : un engagement dans les mécanismes de désarmement
Le Togo s’inscrit depuis longtemps dans le cadre international de non-prolifération nucléaire. Le pays est notamment partie au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et a signé, le 20 septembre 2017, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.
À ce jour, les registres officiels des Nations unies indiquent cependant que cette signature du TIAN n’a pas encore été suivie d’une ratification.
Cette position s’inscrit plus largement dans celle d’un continent qui a fait du refus des armes nucléaires un principe de sécurité collective. Le Traité de Pelindaba, entré en vigueur en 2009, établit en effet une zone exempte d’armes nucléaires en Afrique.
Pour les États africains qui ne possèdent pas de tels arsenaux, le désarmement pose également la question des ressources mondiales consacrées à leur maintien et à leur modernisation, alors que les besoins de financement du développement, de la santé, de l’éducation et de l’adaptation climatique restent considérables.
En Afrique : un continent marqué par les essais nucléaires
L’Afrique n’est pas étrangère à l’histoire atomique. Des essais nucléaires ont été réalisés sur le continent durant la période coloniale, notamment par la France dans le Sahara algérien entre 1960 et 1966.
Cette histoire contribue à donner une dimension particulière à l’engagement africain en faveur d’un continent exempt d’armes nucléaires. Le Traité de Pelindaba interdit notamment la recherche, le développement, la fabrication, le stockage, l’acquisition, la possession ou le contrôle d’engins explosifs nucléaires par ses États parties.
L’enjeu africain dépasse toutefois les frontières du continent. Une confrontation nucléaire majeure aurait des répercussions mondiales, qu’elles soient économiques, environnementales, alimentaires ou humanitaires. Aucun territoire ne pourrait considérer une telle crise comme strictement extérieure à ses intérêts.
Transformer l’interdiction en disparition réelle
La Journée du 26 septembre porte ainsi une contradiction fondamentale. Les États disposent aujourd’hui de nombreux traités, mécanismes de contrôle et décennies de négociations consacrés au désarmement, mais les armes nucléaires n’ont pas disparu.
L’objectif poursuivi par les Nations unies reste donc considérable : passer de la limitation des arsenaux à leur élimination complète, tout en garantissant la sécurité de tous les États.
Tant qu’une arme nucléaire subsiste, la possibilité de son utilisation subsiste avec elle. Le 26 septembre rappelle que le désarmement nucléaire n’est pas seulement une question stratégique entre grandes puissances : il concerne la sécurité de l’humanité tout entière.
La Rédaction

