Le Golan, terre de discorde au cœur du Proche-Orient
Région montagneuse située entre Israël, la Syrie et le Liban, le plateau du Golan s’étend sur près de 1 800 km². Depuis sa conquête lors de la guerre des Six Jours en 1967, il constitue un point de tension majeur entre Tel-Aviv et Damas. Israël a annexé ce territoire en 1981, une décision jamais reconnue par la communauté internationale, à l’exception des États-Unis sous Donald Trump en 2019.
Militairement stratégique pour Israël en raison de son altitude et de sa proximité avec le lac de Tibériade, le Golan est aussi une source précieuse d’eau, élément vital dans une région sujette au stress hydrique. Pour la Syrie, il reste un symbole de souveraineté perdue.
Gideon Sa’ar ferme la porte à toute rétrocession
Ce 30 juin 2025, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Sa’ar a ravivé le débat en déclarant dans une interview qu’Israël envisageait une normalisation des relations avec la Syrie et le Liban, mais à des conditions non négociables.
« Le plateau du Golan restera une partie intégrante de l’État d’Israël. »
Par cette phrase, Sa’ar pose un cadre diplomatique clair : aucune avancée avec Damas ne sera possible si elle exige la restitution du Golan. Cette ligne rouge reflète un consensus politique fort en Israël, où même les partis modérés s’accordent sur l’importance stratégique et symbolique du plateau.
Une normalisation à la carte, sur fond de réalignement régional
Inspirée des accords d’Abraham ayant permis à Israël de nouer des liens diplomatiques avec plusieurs États arabes (Émirats, Bahreïn, Maroc), la volonté de dialogue affichée par Gideon Sa’ar semble s’inscrire dans une recomposition régionale post-conflit syrien.
Mais contrairement aux monarchies du Golfe, la Syrie de Bachar el-Assad reste un régime isolé et encore sous sanctions internationales. Toute tentative de normalisation passerait donc par des conditions draconiennes, en premier lieu la reconnaissance israélienne du Golan.
Un message adressé autant à l’intérieur qu’à l’extérieur
La déclaration de Gideon Sa’ar ne vise pas uniquement Damas. Elle envoie aussi un signal :
• À l’opinion israélienne, majoritairement favorable au maintien du Golan sous souveraineté israélienne ;
• Aux partenaires arabes, montrant qu’Israël reste ouvert au dialogue mais ne cédera pas sur sa sécurité ;
• Aux États-Unis et à l’Europe, appelés à entériner de facto un statu quo territorial imposé par la force.
Un Golan israélien pour toujours ?
Avec cette prise de position, Israël affirme vouloir jouer la carte de la diplomatie régionale sans pour autant revenir sur les acquis de ses guerres passées. Pour la Syrie, toute reprise du dialogue suppose désormais l’acceptation du fait accompli, une option difficilement conciliable avec sa doctrine historique.
Le Golan, plus que jamais, demeure le verrou symbolique et stratégique d’un éventuel rapprochement israélo-syrien. Et tant que ce verrou ne cède pas, la normalisation restera une promesse suspendue.
La Rédaction

